On a rencontré Reine Dibussi, l'auteure de "Mulatako" au Mboa Bd Festival à Douala

On a rencontré Reine Dibussi, l’auteure de « Mulatako » au Mboa Bd Festival à Douala

Publié le 5 décembre 2017
Par Charly ngon


Plusieurs auteurs ont répondu présent à l’invitation du Mboa BD Festival, parmi lesquels la très attendue Reine Dibussi avec sa Bande Dessinée  Mulatako, qui n’a pas manqué d’exprimer son sentiment : « Cette année, il y a plusieurs productions camerounaises qui sont sorties par rapport à l’année dernière ». A l’occasion de la huitième édition du Mboa BD Festival qui a eu lieu du 29 novembre au 2 décembre à Douala. On a rencontré  Reine Dibussi l’un des auteurs en tête d’affiche de ce festival. Entre son parcours, le projet Mulatako, et sa présence au festival Mboa BD, la jeune dessinatrice nous dit tout dans cette interview.

  • Bonjour Reine

Bonjour Au Letch !!! (Rires)

  • Alors comment tu te sens ?

Je me sens très bien, le Mboa BD Festival se passe très bien pour moi.

  • La communauté Au Letch ne te connait pas très bien, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis Reine Dibussi, auteure de bandes dessinées, illustratrice, portraitiste et bédéiste. J’ai fait mes études à Lyon-France- dans une école de bande dessinée et d’illustration. Récemment je suis rentrée au Cameroun pour produire ma première bande dessinée Mulatako.

  • Comment est né le projet Mulatako ?

Mulatako est né d’un rêve de faire une œuvre qui mettrait en valeur la culture camerounaise, avant qu’un étranger qui a beaucoup d’argent ne le fasse. Parce que c’est souvent ce qui se passe, ils ont l’industrie et la capacité de payer les auteurs. Pendant longtemps l’histoire des africains et des africaines a été écrite par d’autres, maintenant cela change. Je fais partie d’un mouvement, je ne suis pas la première, les initiatives sont encore peu nombreuses, mais c’est toujours bien de voir une œuvre produite localement, c’est un challenge.

  • Depuis la sortie de Mulatako, quelles sont tes impressions ?

Les premières impressions sont : ah ! Le livre est joli, il brille, il attire les enfants, ils aiment les couleurs, ils aiment l’histoire. En fait c’est ce que je voulais, que le livre soit solide parce que la couverture rigide c’est le coût de la production la plus chère, et réellement les coûts vont de dix mille franc en montant. Mais pour cette première production, c’était essentiel pour moi de baisser les coûts. Du coup pour l’année prochaine, tout n’est pas encore réuni, mais ce qui sûr  l’histoire elle est déjà prête. Je cherche d’autres possibilités, par exemple des investisseurs pour m’accompagner dans ce projet. Mon histoire je l’ai écrite jusqu’au tome quatre, et je suis prête et je ferai tout ce qu’il y a à mon pouvoir pour que les quatre tomes sortent avec la même qualité.

  • Rappelons aux lechois (es) que tu es en autoédition, alors la suite des aventures de Mulatako se fera avec ou sans éditeur ?

Oui la suite de Mulatako se fera spécialement sans éditeur, puisque c’est un défi que je me suis lancé. Pour moi cette aventure bien qu’elle soit difficile est riche en enseignements. J’ai été obligé de rentrer à l’école du scénario, où j’ai appris à écrire un scénario avec le concours de Françoise Ellong. Même pour vendre mes œuvres c’est une école, alors je ne veux pas me soustraire à cette école. Je veux partager mon expérience avec les jeunes qui n’ont pas eu la chance d’aller dans une école qui leur enseigne ce que je vis. En plus les gens veulent voir ce que vous avez produit avant de venir leur dire que vous avez quelque chose à leur apporter.

  • Pour cette huitième édition du Mboa BD Festival, tu es la star on peut  le dire ainsi, qu’est-ce que cela représente pour toi ?

Pour cette édition je suis une des auteurs à l’honneur effectivement. Je suis très touchée de cela, ils m’ont tout de suite présentée quand mon premier travail est sorti. J’étais présente aux trois éditions précédentes. Mais celle-ci est particulière, parce que j’ai ma BD vendue au festival à Douala et après à Yaoundé. Autre chose qui m’émeut réellement, c’est que cette année il y a plusieurs productions camerounaises qui sont sorties par rapport à l’année dernière où il n’y avait qu’une ou deux, donc ça montre que les auteurs produisent et si les auteurs ont produit cette année, ils produiront encore l’année prochaine et ça fait vraiment plaisir.

  • On sait que tu as collaboré sur le projet Minga, tu peux nous en dire un peu plus…

C’était une collaboration parfaite entre Claye Edou et Cledley productions. Mais c’est vrai que depuis la fin du projet je n’ai pas eu le temps de voir le rendu final, en tout cas je le ferais pendant le festival. Ça sera aussi l’occasion pour moi de voir mes œuvres.

A Lire également ==>> « Mulatako », la nouvelle BD camerounaise de Reine Dibussi

  • Quelle est la bande dessinée qui t’a marqué pendant la jeunesse ?

Les aventures de Kouakou (Rires), parce que les dessins avaient l’air réel, bien dessinés surtout, en plus c’était de la fiction. Je ne me rappelle plus bien de certaines images, mais elle m’a beaucoup marquée. Je ne sais plus où sont passés les deux exemplaires que j’avais (Rires).

  • Et si on demandait quel est ton plat préféré ?

Hum, le Ndole avec les miondo, mais j’ai eu le privilège de redécouvrir le Kwin que ma préparé une adorable dame.

  • Un denier mot pour les letchois (es) …

Culture, j’espère que vous aimez la culture autant que moi, alors je vous donne rendez-vous sur Au Letch.

NB : En attendant notre revue sur Mulatako, retrouvez Reine Dibussi pour la suite de la dédicace de Mulatako pendant la deuxième étape du Mboa Bd Festival du 6 décembre au 9 décembre à l’Institut Français de Yaoundé et au centre de l’artisanat. 

 

 

Dans la même catégorie