Minga et la cuillère cassée : Retour sur la soirée de projection en avant-première du dessin animé à Douala

Minga et la cuillère cassée : Retour sur la soirée de projection en avant-première du dessin animé à Douala

Publié le 28 novembre 2017
Par Charly ngon


Samedi, 25 novembre a eu lieu la première mondiale de Minga et la cuillère cassée, le tout premier dessin animé en 2D produit au Cameroun. Un événement qui a drainé du beau monde et positionné le dessin animé camerounais dans une nouvelle dynamique.

Facebook / Minga et la cuillère cassée

C’était vraiment l’événement à ne pas manquer le week-end. Samedi, 25 novembre 2017, le label Cledley productions a présenté officiellement en avant première, son tout premier projet cinématographique en 2D. Minga et la cuillère cassée, un dessin animé qui s’est inspiré du livre « Les contes du Cameroun », écrit par les Professeurs Charles Binam Bikoi et Emmanuel Soundjock de regrettée mémoire. Pour le public présent à la salle de cinéma Canal Olympia, c’est un moment de nostalgie pour ceux qui ont connu l’ouvrage, de découverte pour les touts petits et un moment historique pour le 9 ème art camerounais.

Prévu à 15 heures, l’événement a connu quelques désagréments, mais rien de nature à briser la bonne humeur qui régnait dans l’enceinte de la salle de cinéma. Le public déjà présent sur le lieu, a le sourire aux lèvres. Tout le monde est vêtu en tenue africaine, comme l’a voulu le comité d’organisation. Le côté design de la cérémonie, est relevé par le pinceau magique de l’artiste Keulion, spécialiste du body painting qui a su ajouter un peu de couleurs au visage des cinéphiles avec des motifs traditionnels.

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Il est presque 18 heures, lorsque le public est autorisé à regagner l’intérieur de la salle. Sans plus attendre la machine s’enclenche. Claye Edou producteur du film fait rapidement un petit discours de bienvenue, avant d’introduire celui-là même à qui on doit cette histoire; le Professeur Charles Binam Bikoi, ovationné par le public. Prenant la parole, il salue l’initiative et revient sur le contexte de création, de cette œuvre : « J’avais quinze ans lorsque j’ai écrit les premiers textes de l’orpheline et la cuillère cassée. Cette histoire m’a été raconté par ma grand-mère, qui était une vendeuse de beignets. Tous les soirs, pendant qu’elle tournait la pâte, j’étais assis au coin du feu pour l’écouter. Elève que j’étais, j’ai commencé à mettre sur écrit cette histoire. Avec le temps, j’ai  affiné le langage et le style. Plus tard l’œuvre a été choisi par le ministère de l’éducation pour faire partir des manuels scolaires ».

 

Après cette prise de parole, place à l’instant tant attendu, la projection de Minga. Pendant toute la projection du film, on peut voir les sourires sur les visages du public, qui s’accompagnent parfois des applaudissements. On les sent bien réceptifs au film, petits comme grands. A la fin de la projection, c’est toute la salle qui est debout pour une standing ovation bien méritée à toute l’équipe de Cledley productions. Pour le Professeur Charles Binam Bikoi ravi de cette prestation, les beaux jours arrivent. «  J’ai le sentiment que c’est le début de quelque chose de grand qui vient de naître. Content aussi parce que, on peut partir en sachant que les graines que nous avons semées, sont entrain de s’étendre. Il est surtout important pour les jeunes, de savoir valoriser leur patrimoine culturel ».

Claye Edou qui est sur ce projet depuis trois ans et demi, est l’homme le plus heureux, en témoigne le sourire qui ne le quitte pas des lèvres à chaque interpellation des uns et des autres : « Je suis très ému, parce ça été un dur labeur. Lorsqu’on produit une œuvre, on ne sait jamais qu’elle va être la réaction du public, les gens ont réagi très chaleureusement, ça me touche personnellement. Je rends hommage, à tous les techniciens, les musiciens, et les artistes qui ont mis tout leur talent sur ce projet. C’est un grand pas en avant pour la culture au Cameroun et plus particulièrement pour l’industrie de l’animation ».

NB : La prochaine diffusion sera au Mboa BD Festival à l’Institut Français du Cameroun.

 

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