Mon amour de vie (Episode 1 : la rencontre)

Publié le 10 avril 2015
Par Jean Ndi Ansa

rencontre

Je suis Sandra, une fille qui a grandi à Yaoundé et qui poursuit ses études à la faculté de droit de l’Université de Yaoundé II-Soa. Un jour, j’ai fait la connaissance de Patrick, qui est devenu un très bon ami, mais surtout a eu un impact irréversible dans ma vie…

Un de ces week-ends où j’avais décidé de ne pas retourner sur Yaoundé passer le week-end en famille, je me rendais à la pompe d’eau commune pour m’approvisionner lorsque j’ai remarqué un garçon juste devant, son seau posé sous la pompe, mais trop occupé à manipuler son téléphone.

J’ai continué à avancer sereinement, puis j’ai posé mon seau à côté du sien. Guettant un signe de sa part, je n’ai rien dit. J’espérais ainsi l’inciter, soit à actionner le levier pour faire couler l’eau dans son seau, soit à me laisser la place. Tu parles ! Il n’a pas bougé et a continué à consulter son téléphone avec un sourire idiot sur le visage. Son inertie a fini par m’agacer et mon macabo a commencé à gonfler*. Quelques secondes plus tard, j’ai explosé :

– S’il te plaît, tu ne vas pas monopoliser la pompe pour manipuler ton téléphone ! Il y en a qui ont d’autres choses à faire !!

Surpris, il s’est tourné vers moi, en conservant ses mains et son téléphone dans la même position. Son regard m’a déstabilisée. On aurait dit qu’un vent venu de nulle part accompagnait son mouvement… J’en ai presque perdu l’équilibre. Le temps s’est arrêté un moment…

J’ai essayé tant bien que mal de reprendre mes esprits. Avec les gars de Soa ci, on ne sait jamais ! Quelle sera sa réaction ? Il va me gifler ? Il va botter mon seau ? Il va m’interdire l’accès à la pompe ? Je vais faire comment maintenant ? En plus, la zone est déserte ;  comme d’habitude, Soa se vide le weekend. Quoi qu’il arrive là maintenant, je n’aurai que mes yeux pour pleurer.

J’en étais là de mes réflexions lorsque le gars m’a simplement lancé :

– On dit bonjour !

Et BIM !! Comme on dit souvent, le gars a pris le dessus ! Il m’a win là où je m’attendais le moins, il a été poli !! Mon macabo a doublé de volume, j’étais tout simplement en train de me faire ridiculiser.

Finalement et à ma grande surprise, il a déplacé son seau, a mis le mien sous la pompe et s’est mis à actionner le levier pour faire couler l’eau. Quand l’eau a commencé à jaillir, il m’a de nouveau regardé, toujours avec son sourire idiot, et m’a dit :

– Je ne suis pas pressé Mamy* ! Si tu as même un deuxième seau, tu apportes.

Et re-BIM !! Le gars m’a mise KO une fois ! J’ai commencé à sentir quelque chose monter en moi, je ne sais quoi. Je l’ai toisé et j’ai baissé le visage. Cette chose qui montait a finalement atteint mon visage pour laisser apparaître un sourire. Malgré tous mes efforts pour garder le visage attaché et rester zen, je n’ai pas pu résister à cet acte si bien orchestré. Il fallait que je m’active pour diluer la défaite.

Le seau rempli au quart, je l’ai retiré de la pompe pour le rincer avant de le replacer au même endroit. Il m’a regardé faire et a continué à pomper tranquillement.

Afin de cerner le personnage, je me suis lancée dans une observation plus détaillé du spécimen : un mec correct, teint chocolat, taille fine, moyennement musclé. Il portait un short Nike et un T-shirt de  couleur. Ça, c’est le genre de muna bobo* qui s’est retrouvé à Soa par accident, pas comme les nous ci qui y étions destinés !

Perdue dans mes pensées, j’ai été surprise de l’entendre me demander :

– C’est la first time que je te vois ici à la pompe. C’est quoi ton prénom ?

Question à dix kolo* ! Je donne ou je ne donne pas ? Je meurs d’envie de lui dire mais je ne peux pas aussi faire comme si j’attendais ça. En même temps, si je ne donne pas et qu’il ne demande plus après, je risque d’aller me noyer au lac municipal. Ce n’est pas comme si je suis déjà amoureuse, mais le mec mérite quand même de savoir comment je me prénomme …

Un pile ou face rapide dans ma tête m’a fait lui répondre :

– Sandra

Et lui de répliquer :

– Patrick. Enchanté !

Toujours ce même sourire idiot qui ne le quitte pas, ce sourire que je commence déjà à apprécier…

Il a arrêté de pomper une fois le seau rempli à ras bord…

– Il y en a d’autres ? m’a-t-il demandé.

– Non non, merci !

Mon seau à la main, je me suis retournée pour partir. J’avais attaché un pagne au niveau de mes hanches. Avec mon déhanché accentué par le poids du seau, j’imaginais bien ce qu’il était en train de faire dans mon dos…

Une fois devant ma porte, j’ai lancé un dernier regard vers la pompe… L’idiot-là était encore en train de sourire en regardant son téléphone …

Quelques jours plus tard, je ………………. A SUIVRE AU PROCHAIN EPISODE …….

 

 

Traduction :

Mon macabo a commencé à gonfler : la rage a commencé à monter en moi
Mamy : nom familier pour désigner une fille/femme qu’on la connaisse ou pas
Muna bobo : enfant issu de famille aisée
Kolo : mille francs CFA

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Pourquoi on ne fait pas la dot d’une femme enceinte au Cameroun ?

Publié le 18 mars 2019
Par Charly ngon

Le fait pour une femme de tomber enceinte au moment de convoler en justes noces compliquerait la dot, qui est une étape très décisive dans la célébration d’une union. Au Cameroun, la dot d’une femme enceinte est interdite, voici pourquoi…

Source: Scidev.net

 

De toutes les pratiques ancestrales qui résistent encore au temps, aux nouvelles mentalités ou encore tendances, la dot demeure encore malgré tout, la pierre angulaire sans laquelle un mariage ne saurait exister. Si elle a su garder cette considération au fil du temps, c’est bien parce que des consignes ont été toujours respectées. Et pour peu qu’un élément ou une situation complexe se pose avant sa tenue de celle-ci, le processus s’annule annule immédiatement. Par exemple, une grossesse.

Doter une femme enceinte est perçue comme une offense à la tradition, voire une trahison sur un pacte établi depuis la nuit des temps. C’est un principe qui s’est toujours transmis de génération en génération, il serait donc inadmissible pour une raison quelconque, que cela change.

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Pour les traditionalistes, il n y a même pas matière à faire un débat dessus, c’est un principe. Parfois certaines filles avec la complicité de leur futur époux, mettent en place une stratégie malicieuse pour tromper la vigilance des deux familles.

Dans certaines situations, il apparaît souvent qu’un groupuscule des membres de la famille du gendre, tout comme celui de la fille, soit au courant de la grossesse, et par solidarité participe à la supercherie. Les raisons le plus souvent évoquées par certaines personnes pour justifier l’interdiction de la dot d’une fille enceinte sont nombreuses.

D’après une enquête menée par Sandrine Tonlo Tiako, journaliste au quotidien Mutations, qui a eu le privilège de rencontrer certains responsables des communautés, il ressort que selon le principe, une femme doit se marier vierge.

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Les familles respectives ne doivent pas être au courant que les futurs mariés ont déjà eu les rapports sexuels. Cela sous-entendrait que, même si un couple partage une intimité depuis longtemps, tant qu’il n’y a pas une grossesse avant la dot, la femme est considérée aux yeux des deux familles comme étant vierge.

Pour Ferdinand Ndame Eyoum, notable au canton Ngoma Douala-Bassa, le jour de la dot, il y a des esprits maléfiques qui rôdent. Par crainte que ces derniers ne  fassent du tort à la mère ou encore au bébé dans le ventre, on préfère attendre l’accouchement pour continuer les négociations.

Chez les Sawa, la dot d’une femme enceinte est interdite pour la simple raison que, on craindrait que la femme ne meurt au cours de l’accouchement, d’après Robert Elombo, notable de Bonabelon dans le village Bonapriso.

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Une autre raison avancée est que si le fiancé de la fille ne donne pas les présents qui satisfassent la famille, celle-ci dans leur mécontentement peut lancer un mauvais sort à la fille. Elle peut perdre son enfant, soit ne plus jamais en avoir, soit avoir des enfants malades ou encore connaitre une vie de couple malheureuse.

Selon un citoyen que nous avons rencontré et qui a voulu garder l’anonymat, le refus de doter une femme enceinte se justifierait aussi par le fait que lorsque la famille constate la grossesse, elle impose au futur gendre de doubler la dot, si celui-ci ne parvient pas à satisfaire aux nouvelles exigences de la famille, la cérémonie est renvoyée en attendant l’accouchement.

Toutefois si certains couples veulent malgré tout avancer dans leur initiative, conscients du fait qu’ils n’ont pas rempli toutes les conditions exigées, en accord avec les deux familles, la dot de la première fille issue de leur union reviendra exclusivement à la famille de la fille. La pratique n’est pas habituelle, mais les familles préfèrent par mesure de sécurité pour la vie de la fille et de l’enfant attendre l’accouchement.




 

 

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Festival Koura Gosso, six représentants camerounais dans la line up

Publié le
Par Charly ngon

La troisième édition du Festival Koura Gosso aura lieu du 2 au 5 mai 2019 à Moundou.


Après un appel à candidature lancé au cours du mois de février, les organisateurs du Festival Koura Gosso viennent de dévoiler la liste définitive des artistes retenus.

Pour cette troisième édition, la province du Logone Occidental précisément à Moundou-Tchad, va accueillir quarante-deux artistes dans l’un des rares évènements culturels qui met en lumière le patrimoine artistique de cette localité.

Une initiative qui permet le brassage des cultures et le partage des expériences entre les artistes. Dans cette liste, on retrouve une forte délégation camerounaise, composée du groupe Love N’Live, Leberger, Abou Digital, Papy Anza, Danielle Eog et MarsiArsi.

Le Festival Koura Gosso qui veut dire « jeune talent », est une plateforme d’échange et de rencontre qui réunit tous les ans  les artistes, les journalistes, les promoteurs culturels, le public et les étudiants de la localité de Moundou.

NB: Le Festival Koura Gosso aura lieu du 2 au 5 mai 2019 à Moundou-Tchad.




 

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