Mon amour de vie (Episode 2 : prise de contact)

Publié le 17 avril 2015
Par Jean Ndi Ansa

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[Pour lire l’épisode 1, cliquez >>ICI<<]

Ce matin, Maman m’a appelé pour savoir si tout va bien, si j’ai des problèmes que j’aimerai lui confier. Je lui ai répondu que tout allait bien, qu’il ne fallait pas qu’elle s’inquiète pour moi ; et comme depuis un mois, j’ai raccroché avec amertume. Oui, ça fait effectivement un mois que je ne suis plus retournée à la maison à Yaoundé; ça fait un mois que chaque weekend à la même heure, je vais puiser de l’eau ; ça fait un mois que je ne cligne plus des yeux quand je marche en route, de peur de manquer son passage ; ça fait un mois que je n’ai plus revu Patrick.

Je ne sais comment décrire ce sentiment, mais j’ai l’impression de lui en vouloir d’avoir disparu. Je me repasse la scène en boucle chaque soir, et je me demande si j’aurais dû faire quelque chose autrement. Aurais-je dû lui demander dans quelle mini-cité il vit ? Aurais-je dû lui demander son numéro, sa faculté ? Beaucoup de questions me passent par la tête et me plombent le moral à chaque fois.

J’en ai parlé à ma copine, Sophie. C’est la mieux placée pour me comprendre ; c’est aussi celle qui va très souvent dans les mini-cités modernes. Elle a donc plus de chances de me faire revoir MON Patrick plutôt que quelqu’un d’autre. De la description que je lui ai donnée, elle m’a répondu “des gars comme celui que tu décris là, j’en connais un tas ! Viens, je t’en donne un et on n’en reparle plus”.

Effectivement, Sophie est ce qu’on appelle une grillée*. Elle a tellement eu de relations qu’elle n’a plus de sentiment. Pour elle, un gars c’est un gars ; le plus important, c’est ce qu’il lui apporte. Auparavant, la voir traîner avec ces mounas bobo* me donnait l’impression qu’ils l’utilisaient. Elle leur fait à manger, sort avec eux et j’imagine ce qui va avec. Elle m’a donc proposé de l’accompagner à un chill* dans une mini-cité chic de Soa, dans le but de me présenter à d’autres. J’ai tout de suite accepté sa proposition, dans l’espoir d’y croiser Patrick.

Ce jour-là, je me suis mise sur mon 31. On ne connait pas le caillou qui va tuer l’oiseau. J’ai dû me préparer chez Sophie pour profiter de sa trousse de toilette au produits de qualité.

Nous sommes arrivés. C’est un de ses “potes” qui invitait. Des gars jouaient à la PS*, discutaient, rigolaient. J’avais l’impression d’être dans un autre monde. Ils étaient presque tous des Patrick, avec les mêmes airs. A chaque fois que la porte s’ouvrait, j’espérais que ce soit lui, mais non. J’étais dans mon coin et j’observais.

Puis Sophie est entrée avec un gars, m’a cligné de l’œil et le gars s’est installé près de moi. Il m’a parlé toute la soirée et je lui répondais poliment pour ne pas déshonorer ma copine. A un moment, il n’y avait plus de nouveaux arrivants et j’ai perdu tout espoir de voir Patrick arriver. Du coup, je me suis mise à m’intéresser à ce que le pote de Sophie, Olivier, me racontait.

A la fin, nous sommes tous rentrés en même temps et au moment où le groupe se disloquait, Olivier m’a proposé de prolonger au poisson braisé. Comment refuser ? Le poisson braisé est un luxe à Soa. Je commençais à comprendre Sophie ; Olivier gagnait des points …

Au tourne-dos, en attendant que notre poisson soit prêt, je discutais avec Olivier lorsqu’une image m’a figée. Le temps s’est arrêté, mes sens ont cessé de fonctionner … C’est que quelque chose m’avait interpellée : un mec regardant son téléphone avec le sourire ! Mon Patrick était assis deux tabourets plus loin ! Il devait aussi attendre son poisson. J’aurai dû y penser; si je voulais retrouver mon Patrick, je devais le chercher où il était susceptible d’être.

Olivier a continué à me parler, mais j’ai zappé une bonne partie de ce qu’il disait. Je me suis vite ressaisie avant qu’il ne remarque que je n’avais plus son temps. Puis je me suis dit : “si Patrick me voit à côté de lui, il peut croire que…”. J’ai immédiatement corrigé ma position pour sembler correcte et neutre.

Olivier a quand même remarqué que j’avais perdu le fil et m’a demandé ce qui n’allait pas. Je lui ai dit que j’avais un malaise. Il m’a proposé de rentrer, le “non” qui est sorti de ma bouche-là hein … lui-même, ça l’a effrayé !

Pendant que je le regardais, je traçais mes équations dans la tête. J’ai senti les larmes monter, j’avais envie de lui demander de s’en aller sans explications.

J’ai guetté pour voir si Patrick était toujours là, et … C’est comme si mon cœur descendait dans mon ventre : Patrick n’était plus là ! Je n’ai pas pu me retenir, une larme a coulé …

Olivier m’a demandé si c’est lui qui avait fauté, j’ai baissé la tête, et avec tout le désespoir du monde, je lui ai dit non. Il m’a prise dans ses bras, essayant de me calmer. Mon cerveau a recommencé à analyser son dossier ; il n’était pas question que dans tout çà, je finisse seule.

La vendeuse nous a fait signe que notre commande était prête. Olivier m’a demandé si on mangeait sur place ou pas. Je lui ai répondu que je voulais back, je ne me sentais pas bien. En allant régler la note, il a laissé traîner son téléphone sur le banc à côté de moi. Pendant qu’il attendait qu’on emballe notre poisson, son téléphone a vibré. Par réflexe, j’ai jetté un coup d’oeil à l’écran et j’ai vu le message suivant: “Ossong ne dérange pas la fille avec qui je t’ai vu là, c’est ma voisine”. Intriguée par ce message, j’ai appuyé sur la notification à l’écran et j’ai découvert que l’expéditeur du message était “Pat”. J’ai guetté Olivier pour m’assurer qu’il ne me voyait pas manipuler son téléphone ; il était occupé à discuter avec la vendeuse. En cliquant sur le nom de l’expéditeur, sa fiche de contact s’est affichée. J’avais sous les yeux le contact d’un certain Pat ; peut-être mon Patrick, qui sait ? Je me suis empressée de copier le numéro. Juste le temps de vérouiller son écran que Olivier était devant moi.

Mon coeur battait très fort, j’étais paniquée. Par anticipation, je lui ai dit qu’il avait reçu un message que j’avais ouvert par mégarde. Il m’a repris son téléphone des mains pour lire le message. Il a souri et m’a lancé “on y va ?”. Sans répondre, je me suis levée pour le suivre.

 

Serait ce Mon Patrick? Patrick m’a donc vu avec un autre gars ? Patrick et Olivier se connaissent? Moi qui suis une novice en terme de relation amoureuse, vais-je devoir gérer 2 gars?…

A suivre …

 

Lexique

grillée: personne qui ont déjà une certaine expérience de la vie

mouna bobo: enfant de riche, issue d’une famille aisée

PS: Play Station

 

Crédit Photo : LeBlogueDeDoris

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Pourquoi on ne fait pas la dot d’une femme enceinte au Cameroun ?

Publié le 18 mars 2019
Par Charly ngon

Le fait pour une femme de tomber enceinte au moment de convoler en justes noces compliquerait la dot, qui est une étape très décisive dans la célébration d’une union. Au Cameroun, la dot d’une femme enceinte est interdite, voici pourquoi…

Source: Scidev.net

 

De toutes les pratiques ancestrales qui résistent encore au temps, aux nouvelles mentalités ou encore tendances, la dot demeure encore malgré tout, la pierre angulaire sans laquelle un mariage ne saurait exister. Si elle a su garder cette considération au fil du temps, c’est bien parce que des consignes ont été toujours respectées. Et pour peu qu’un élément ou une situation complexe se pose avant sa tenue de celle-ci, le processus s’annule annule immédiatement. Par exemple, une grossesse.

Doter une femme enceinte est perçue comme une offense à la tradition, voire une trahison sur un pacte établi depuis la nuit des temps. C’est un principe qui s’est toujours transmis de génération en génération, il serait donc inadmissible pour une raison quelconque, que cela change.

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Pour les traditionalistes, il n y a même pas matière à faire un débat dessus, c’est un principe. Parfois certaines filles avec la complicité de leur futur époux, mettent en place une stratégie malicieuse pour tromper la vigilance des deux familles.

Dans certaines situations, il apparaît souvent qu’un groupuscule des membres de la famille du gendre, tout comme celui de la fille, soit au courant de la grossesse, et par solidarité participe à la supercherie. Les raisons le plus souvent évoquées par certaines personnes pour justifier l’interdiction de la dot d’une fille enceinte sont nombreuses.

D’après une enquête menée par Sandrine Tonlo Tiako, journaliste au quotidien Mutations, qui a eu le privilège de rencontrer certains responsables des communautés, il ressort que selon le principe, une femme doit se marier vierge.

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Les familles respectives ne doivent pas être au courant que les futurs mariés ont déjà eu les rapports sexuels. Cela sous-entendrait que, même si un couple partage une intimité depuis longtemps, tant qu’il n’y a pas une grossesse avant la dot, la femme est considérée aux yeux des deux familles comme étant vierge.

Pour Ferdinand Ndame Eyoum, notable au canton Ngoma Douala-Bassa, le jour de la dot, il y a des esprits maléfiques qui rôdent. Par crainte que ces derniers ne  fassent du tort à la mère ou encore au bébé dans le ventre, on préfère attendre l’accouchement pour continuer les négociations.

Chez les Sawa, la dot d’une femme enceinte est interdite pour la simple raison que, on craindrait que la femme ne meurt au cours de l’accouchement, d’après Robert Elombo, notable de Bonabelon dans le village Bonapriso.

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Une autre raison avancée est que si le fiancé de la fille ne donne pas les présents qui satisfassent la famille, celle-ci dans leur mécontentement peut lancer un mauvais sort à la fille. Elle peut perdre son enfant, soit ne plus jamais en avoir, soit avoir des enfants malades ou encore connaitre une vie de couple malheureuse.

Selon un citoyen que nous avons rencontré et qui a voulu garder l’anonymat, le refus de doter une femme enceinte se justifierait aussi par le fait que lorsque la famille constate la grossesse, elle impose au futur gendre de doubler la dot, si celui-ci ne parvient pas à satisfaire aux nouvelles exigences de la famille, la cérémonie est renvoyée en attendant l’accouchement.

Toutefois si certains couples veulent malgré tout avancer dans leur initiative, conscients du fait qu’ils n’ont pas rempli toutes les conditions exigées, en accord avec les deux familles, la dot de la première fille issue de leur union reviendra exclusivement à la famille de la fille. La pratique n’est pas habituelle, mais les familles préfèrent par mesure de sécurité pour la vie de la fille et de l’enfant attendre l’accouchement.




 

 

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Festival Koura Gosso, six représentants camerounais dans la line up

Publié le
Par Charly ngon

La troisième édition du Festival Koura Gosso aura lieu du 2 au 5 mai 2019 à Moundou.


Après un appel à candidature lancé au cours du mois de février, les organisateurs du Festival Koura Gosso viennent de dévoiler la liste définitive des artistes retenus.

Pour cette troisième édition, la province du Logone Occidental précisément à Moundou-Tchad, va accueillir quarante-deux artistes dans l’un des rares évènements culturels qui met en lumière le patrimoine artistique de cette localité.

Une initiative qui permet le brassage des cultures et le partage des expériences entre les artistes. Dans cette liste, on retrouve une forte délégation camerounaise, composée du groupe Love N’Live, Leberger, Abou Digital, Papy Anza, Danielle Eog et MarsiArsi.

Le Festival Koura Gosso qui veut dire « jeune talent », est une plateforme d’échange et de rencontre qui réunit tous les ans  les artistes, les journalistes, les promoteurs culturels, le public et les étudiants de la localité de Moundou.

NB: Le Festival Koura Gosso aura lieu du 2 au 5 mai 2019 à Moundou-Tchad.




 

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