L’île de Djébalè, le sanctuaire du culte Jengu

Publié le 20 février 2019
Par Charly ngon

L’île de Djébalè est le lieu où est pratiqué le culte Jengu. Lors du Ngondo, les devins qui sont originaires de cette localité, sont les seuls à pouvoir communiquer avec les esprits de l’eau.

Source: Visiter l’Afrique

Le Ngondo qui est un grand moment d’effervescence et de communion entre les différentes communautés Sawa, arrive généralement à son apothéose au moment où le message des esprits de l’eau est dévoilé au peuple. L’instant est toujours solennel, surtout que le décryptage du message envoyé par les esprits de l’eau, qu’on appelle les Miengu en langue Duala, renferme des recommandations et de nouvelles orientations que le peuple Sawa doit suivre pour maintenir sa cohésion. Ce rituel mystico-religieux auquel assiste très souvent le grand public est exclusivement officié par des prêtres qui sont originaires de l’ île Djébalè.

Djébalè est une petite d’île située dans la localité de Bonassama dans le quatrième arrondissement de la ville de Douala. Ses habitants qui sont les descendants de MAL’A MBONGO ou encore MALEA, ont bénéficié de leur ancêtre le pouvoir de communiquer avec les esprits de l’eau plus connus sous le vocable de Mami Wata. Selon certains récits historiques, MALEA, ancêtre des Djébalè avait quitté le Congo avec un groupe de personnes à la recherche de nouvelles terres. Sur son chemin, il croisa une jolie femme, mi humain, mi poisson sur les bords du fleuve Dibamba. Épris par sa beauté, il s’exclama voilà une femme que je ramasse ( ce qui veut dire Djébalè en Duala) et en réponse à son exclamation la sirène répondit aussi voilà l’homme que je ramasse.

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Un coup de foudre qui va pousser MALEA et la sirène de se mettre ensemble malgré leur différence. Leur voyage va les mener jusqu’à la zone du centenaire qui se trouve à Akwa. De leur union naîtra douze enfants, dont six filles et six garçons. On a  MANGALE le fils aîné et son cadet ESSONGO dont les descendants sont les habitants du Djébalé, EPEE qui est  l’ancêtre des Ewodi et Bon’epa, BONDO est le parent des Bodiman, KOKI et FIKO sont quant à eux les ancêtres des Abo. La zone où MALEA et sa famille vivaient ne favorisait pas leur activité principale : la pêche.

Mangale le fils aîné de Malea au cours d’une de ses parties de pêche découvre ce qui deviendra plus tard l’île de Djébalè. La zone présentait des atouts très avantageux dont vont bénéficier Malea et le reste de sa famille. Le mariage entre Malea et la sirène reposait sur un pacte qu’il ne devait jamais violer. C’était celui de ne jamais faire allusion à son physique. Elle se savait différente des autres et ne voulait en aucun cas que cette remarque soit évoquée par son mari. La femme de Malea ne supportait pas voir son mari dans un état d’ébriété. Un jour alors que ce dernier rentrait chez lui, après avoir bu, sa femme se mit à lui faire des reproches.

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Sous la colère Malea brisa le pacte en avançant des injures sur son aspect physique. Se sentant trahie, blessée dans sa chaire, Jobale la sirène comme on la surnommait, mit fin à son mariage. Avant de s’en aller, elle prit avec elle ses six filles et disparut dans les eaux. Les garçons quant à eux restaient avec leur père. Ce divorce créa ainsi un lien fort entre le monde visible et invisible avec les descendants de Malea qui vivent encore de nos jours sur l’île de Djébalè. Ainsi donc les Djébalè deviennent l’une des communautés Sawa à détenir le secret de communiquer avec les divinités de l’eau. Pendant la fête du Ngondo, c’est à eux que revient la responsabilité d’organiser le rituel du décryptage du message des esprits.

L’île de Djébalè a connu de nombreux  événements malheureux qui ont ébranlé l’entente qui a toujours prévalu entre les frères. Il y a d’abord eu les guerres fratricides qui ont eu lieu après la mort de Malea. Une situation qui a été à l’origine de l’éclatement de la famille en deux, on a Djébalè I et Djébalè II. Puis il y a eu la colonisation avec l’arrivée des Allemands en 1800 qui aurait fait fuir certains habitants de l’île vers d’autres territoires. Malgré les crises qui ont affecté les Djébalè, ceux qui sont restés sur l’île ont su maintenir le rite du magico-religieux et du mysticisme sous marin. Veillant à ce que le culte du Jengu qui est un héritage culturel chez les Djébalè perdure entre les différentes générations.

Source: peuplesawa.com




 

 

 

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Pourquoi on ne fait pas la dot d’une femme enceinte au Cameroun ?

Publié le 18 mars 2019
Par Charly ngon

Le fait pour une femme de tomber enceinte au moment de convoler en justes noces compliquerait la dot, qui est une étape très décisive dans la célébration d’une union. Au Cameroun, la dot d’une femme enceinte est interdite, voici pourquoi…

Source: Scidev.net

 

De toutes les pratiques ancestrales qui résistent encore au temps, aux nouvelles mentalités ou encore tendances, la dot demeure encore malgré tout, la pierre angulaire sans laquelle un mariage ne saurait exister. Si elle a su garder cette considération au fil du temps, c’est bien parce que des consignes ont été toujours respectées. Et pour peu qu’un élément ou une situation complexe se pose avant sa tenue de celle-ci, le processus s’annule annule immédiatement. Par exemple, une grossesse.

Doter une femme enceinte est perçue comme une offense à la tradition, voire une trahison sur un pacte établi depuis la nuit des temps. C’est un principe qui s’est toujours transmis de génération en génération, il serait donc inadmissible pour une raison quelconque, que cela change.

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Pour les traditionalistes, il n y a même pas matière à faire un débat dessus, c’est un principe. Parfois certaines filles avec la complicité de leur futur époux, mettent en place une stratégie malicieuse pour tromper la vigilance des deux familles.

Dans certaines situations, il apparaît souvent qu’un groupuscule des membres de la famille du gendre, tout comme celui de la fille, soit au courant de la grossesse, et par solidarité participe à la supercherie. Les raisons le plus souvent évoquées par certaines personnes pour justifier l’interdiction de la dot d’une fille enceinte sont nombreuses.

D’après une enquête menée par Sandrine Tonlo Tiako, journaliste au quotidien Mutations, qui a eu le privilège de rencontrer certains responsables des communautés, il ressort que selon le principe, une femme doit se marier vierge.

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Les familles respectives ne doivent pas être au courant que les futurs mariés ont déjà eu les rapports sexuels. Cela sous-entendrait que, même si un couple partage une intimité depuis longtemps, tant qu’il n’y a pas une grossesse avant la dot, la femme est considérée aux yeux des deux familles comme étant vierge.

Pour Ferdinand Ndame Eyoum, notable au canton Ngoma Douala-Bassa, le jour de la dot, il y a des esprits maléfiques qui rôdent. Par crainte que ces derniers ne  fassent du tort à la mère ou encore au bébé dans le ventre, on préfère attendre l’accouchement pour continuer les négociations.

Chez les Sawa, la dot d’une femme enceinte est interdite pour la simple raison que, on craindrait que la femme ne meurt au cours de l’accouchement, d’après Robert Elombo, notable de Bonabelon dans le village Bonapriso.

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Une autre raison avancée est que si le fiancé de la fille ne donne pas les présents qui satisfassent la famille, celle-ci dans leur mécontentement peut lancer un mauvais sort à la fille. Elle peut perdre son enfant, soit ne plus jamais en avoir, soit avoir des enfants malades ou encore connaitre une vie de couple malheureuse.

Selon un citoyen que nous avons rencontré et qui a voulu garder l’anonymat, le refus de doter une femme enceinte se justifierait aussi par le fait que lorsque la famille constate la grossesse, elle impose au futur gendre de doubler la dot, si celui-ci ne parvient pas à satisfaire aux nouvelles exigences de la famille, la cérémonie est renvoyée en attendant l’accouchement.

Toutefois si certains couples veulent malgré tout avancer dans leur initiative, conscients du fait qu’ils n’ont pas rempli toutes les conditions exigées, en accord avec les deux familles, la dot de la première fille issue de leur union reviendra exclusivement à la famille de la fille. La pratique n’est pas habituelle, mais les familles préfèrent par mesure de sécurité pour la vie de la fille et de l’enfant attendre l’accouchement.




 

 

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Festival Koura Gosso, six représentants camerounais dans la line up

Publié le
Par Charly ngon

La troisième édition du Festival Koura Gosso aura lieu du 2 au 5 mai 2019 à Moundou.


Après un appel à candidature lancé au cours du mois de février, les organisateurs du Festival Koura Gosso viennent de dévoiler la liste définitive des artistes retenus.

Pour cette troisième édition, la province du Logone Occidental précisément à Moundou-Tchad, va accueillir quarante-deux artistes dans l’un des rares évènements culturels qui met en lumière le patrimoine artistique de cette localité.

Une initiative qui permet le brassage des cultures et le partage des expériences entre les artistes. Dans cette liste, on retrouve une forte délégation camerounaise, composée du groupe Love N’Live, Leberger, Abou Digital, Papy Anza, Danielle Eog et MarsiArsi.

Le Festival Koura Gosso qui veut dire « jeune talent », est une plateforme d’échange et de rencontre qui réunit tous les ans  les artistes, les journalistes, les promoteurs culturels, le public et les étudiants de la localité de Moundou.

NB: Le Festival Koura Gosso aura lieu du 2 au 5 mai 2019 à Moundou-Tchad.




 

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