#ConnaitTonPays : Portrait de John Ngu Foncha, cet artisan de la réunification du Cameroun

#ConnaitTonPays : Portrait de John Ngu Foncha, cet artisan de la réunification du Cameroun

Publié le 16 mai 2017
Par Charly ngon


John Ngu Foncha fait partie des grandes figures de l’histoire qui ont œuvré pour la réunification des deux Cameroun. Son engagement et son rêve de voir un État unitaire, l’ont contraint à mener  de grandes batailles politiques à travers le pays anglophone. Charismatique et fin négociateur, il va réussir à rallier plusieurs personnes à sa cause. Lesquelles vont l’accompagner vers la marche d’un État réunifié.  Today nous partageons avec vous le portrait d’un visionnaire, lisez ici.

John Ngu Foncha

John Ngu Foncha

C’est dans le petit village  de Nkwen que John Ngu Foncha voit le jour. C’est un 21 Juin 1916. Ses premiers pas à l’école vont l’amener d’abord à l’école primaire de Bamenda. Puis il va traverser la frontière pour aller en Indaba au Nigeria, pour poursuivre son éducation scolaire à Saint Michael’s College Onitsha et à l’Agricultural Teacher’s course Moore Plantation. Comme un fils qui a terminé ses études en Mbeng, il  rentre au bled où il devient enseignant. Après avoir observé, la montée en puissance du mouvement politique, il décide aussi de s’y lancer en 1956.

Mais déjà en 1942, il est secrétaire de la Catholic Youth League, section de Bamenda. La même année, il fonde un syndicat, dénommé la Bamenda Catholic Teachers’ Union, dont il sera Président jusqu’en 1954. Entre 1945 et 1954, il est Président de la Nigérian Union of Teachers (section de Bamenda) et de 1948 à 1951 il est Secrétaire de la Bamenda Improvement Union. De 1949 à 1950, il est Coordinateur de la CNF, section de Bamenda. Par la suite, il devient coordinateur régional du KNC (Kamerun National Congress) à Bamenda. Lorsqu’il constate, les divergences de vues sur la question de la réunification du Cameroun. Le gars a dit pardon excusez ma vie, il va créer le KNDP ( Kamerun National Democratic Party) avec un certain Ngom Jua.

 Le KNDP voit le jour à la suite des frustrations observées par John Ngu Foncha. Il dénonce une forte représentation des ressortissants nigérians a des postes de responsabilité au Cameroun méridional au détriment des camerounais. Dans ses différents discours, il prône une identité camerounaise presque immémoriale, un Grand Cameroun qu’il est du devoir des Camerounais méridionaux de retrouver. Il dénonce surtout l’exploitation dont sont victimes les camerounais, de la part du peuple Ibo, et qui est soutenue par l’empire britannique. Les populations réceptives au message de John Ngu Foncha prenne fait et cause de la situation, ce qui commence à susciter des interrogations. Certains vont même déclarer «  cela  fait quarante ans, que nous sommes avec le Nigeria sous administration britannique. Nous n’avons pas de routes, pas d’écoles secondaires publiques, rien. Il est grand temps de tenter notre chance de l’autre côté de la frontière».

Cependant pour les partisans du KNDP, le développement observé dans la partie francophone suscite en eux une grande envie. Mais pour en bénéficier aussi, ils doivent se rapprocher de la partie francophone. C’est ce discours, qui le 11 Février 1961 va mener le KNDP de John Ngu Foncha pro réunification, et celui  de son ancien parti KNC dirigé par chief Endeley, qui lui veut le rattachement avec le Nigeria à une élection. Au cours de cette consultation populaire, c’est le parti de John Ngu Foncha qui rafle la mise. Et en juillet 1961, il prend part à la conférence de Foumban, portant sur l’approbation du projet de constitution fédérale. Pour beaucoup d’observateurs, la conférence de Foumban n’a pas encore livré tous ses secrets, pourquoi ? Secret défense. De 1954 à 1959, il va occuper le poste de député du KNDP à la chambre d’assemblée du Cameroun méridional ainsi qu’à la chambre d’assemblée du Cameroun occidental.

Lorsque le Cameroun devient un Etat unique, il obtient le poste de vice-président, qu’il cumule avec le poste de premier ministre. Il démissionnera à la suite de certaines divergences. Il va être remplacé par Ngom Jua. Après de multiples batailles politiques, il décide de se retirer de la vie politique le 11 Janvier 1968. Contre toute attente, le 17 Décembre 1979 il est rappelé aux affaires pour occuper le poste de grand chancelier des ordres nationaux avec rang de ministre. Poste qu’il va occuper jusqu’à sa mort le 10 Avril 1999 à Bamenda. Pendant que dans la partie anglophone John Ngu Foncha s’activait à accélérer le processus de rapprochement des deux territoires, dans la partie francophone Ahmadou Ahidjo faisait autant. Pour le savoir prenons rendez-vous dans le prochain article pour en savoir un peu plus.

Source : Mélanie Torrent, « Des partages coloniaux aux frontières culturelles : (ré-) unifications et marginalisations au Cameroun méridional (1954-1961) », Mémoire(s), identité(s), marginalité(s) dans le monde occidental contemporain [En ligne]

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