« Entre ombres et obscurités », un roman révélateur des batailles secrètes en politique

Publié le 9 janvier 2019
Par Charly ngon

Pour son premier roman « Entre ombres et obscurités », Ngouane Willem nous plonge dans un récit  politique qui se situe dans un contexte pré-électoral où un jeune fonctionnaire se retrouve malgré lui au centre d’un scandale financier.

 

Complots, coups bas, hautes trahisons… En politique, tous les coups sont permis, encore plus lorsqu’une échéance électorale approche. L’agitation que cela produit au sein des populations est souvent mémorable. Du sommet à la base, les guerres de positionnement ont vite fait de transformer les terrains politiques en un champ de combats. Les plus forts sont prêts à tout pour préserver leur suprématie. Les pratiques ne sont pas nouvelles et sont davantage dangereuses lorsque des personnes innocentes sont aussi la cible de ces manœuvres morbides. Paul Endenne, jeune cadre d’administration, va ainsi voir sa vie basculer à cause de sa très proche collaboration avec le ministre Agbwala.

Innocent, mais accusé…

Paul Endenne était loin de s’imaginer vivre l’une des pires expériences de sa vie. Recruté au ministère de l’éducation nationale, il va vite gravir les échelons jusqu’à occuper l’un des postes stratégiques du ministère. Celui de collaborateur direct du ministre. Une position très envieuse qui a fait naître une certaine animosité à son égard de la part de certains collaborateurs. Mais Paul qui a toujours su rester intègre dans son travail, va se retrouver au centre de plusieurs scandales qui ont un lien direct avec celui qu’il considère comme un père. Soupçonné de couvrir ce dernier dans des pratiques d’enrichissement illicite, le jeune homme nie pourtant tout en bloc.

La situation devenant compliquée, c’est auprès de sa femme qu’il va chercher du réconfort. Caro, comme il l’appelle affectueusement, et lui, se sont rencontrés alors qu’il n’était encore qu’un chercheur d’emploi. Les moments de galère de la vie, ils les ont traversés ensemble avant de goûter aux délices de la vie bourgeoise. Son franc parler et sa détermination font toujours autant craquer Paul. Pour aider son mari à sortir de l’impasse, elle l’exhorte de prendre un peu les distances de peur de se retrouver au milieu d’une guerre qu’il ne saurait évitée. Trop tard, les conseils de Caroline ne vont pas suffire à freiner la machine judiciaire qui s’est déjà mise en branle contre Paul et le ministre.

La soif de pouvoir

Nommé à la tête du ministère de l’éducation nationale, Monsieur Agbwala a vite oublié quelles étaient ses missions.  Assoiffé de pouvoir et de prestige, il va faire preuve de légèreté dans la gestion des ressources financières qui lui ont été allouées. Des actes qui font la une des journaux. Si sa vie publique traverse des turbulences, sa vie privée quant à elle est catastrophique.  Monsieur le ministre est aussi un homme à femmes. D’ailleurs, il les changent au gré de ses humeurs, au grand dam de sa pauvre épouse qui n’a que ses yeux pour pleurer. Non loin, Monsieur le ministre, veut plus, il voit grand, il veut être président. Dans cette quête effrénée du pouvoir, il décide un matin de poser sa candidature à l’élection présidentielle. Une décision qui va lui être fatale.  Soupçonné déjà de nombreuses malversations financières, l’annonce de sa candidature va accélérer les procédures judiciaires lancées contre lui. Acculé de part et d’autre, Monsieur Agbwala va fondre dans la nature.

Ce roman loin d’être une fiction, dévoile avec finesse et subtilité les dessous des batailles politiques que se livrent secrètement les hommes politique au Cameroun. L’illustration de certaines scènes qu’on retrouve dans l’ouvrage, nous fait penser à la fameuse opération épervier. Une opération qui été à l’origine de l’arrestation de plusieurs membres du gouvernements entraînant la fuite en exil de certains dirigeants.  Ngouane Willem pose donc un regard froid sur  l’attitude de certains  hommes qui occupent des postes de responsabilité, ouverts au pillage de la fortune publique et appartenant aux nombreux lobbies dans les hautes sphères.

 

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Pourquoi on ne fait pas la dot d’une femme enceinte au Cameroun ?

Publié le 18 mars 2019
Par Charly ngon

Le fait pour une femme de tomber enceinte au moment de convoler en justes noces compliquerait la dot, qui est une étape très décisive dans la célébration d’une union. Au Cameroun, la dot d’une femme enceinte est interdite, voici pourquoi…

Source: Scidev.net

 

De toutes les pratiques ancestrales qui résistent encore au temps, aux nouvelles mentalités ou encore tendances, la dot demeure encore malgré tout, la pierre angulaire sans laquelle un mariage ne saurait exister. Si elle a su garder cette considération au fil du temps, c’est bien parce que des consignes ont été toujours respectées. Et pour peu qu’un élément ou une situation complexe se pose avant sa tenue de celle-ci, le processus s’annule annule immédiatement. Par exemple, une grossesse.

Doter une femme enceinte est perçue comme une offense à la tradition, voire une trahison sur un pacte établi depuis la nuit des temps. C’est un principe qui s’est toujours transmis de génération en génération, il serait donc inadmissible pour une raison quelconque, que cela change.

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Pour les traditionalistes, il n y a même pas matière à faire un débat dessus, c’est un principe. Parfois certaines filles avec la complicité de leur futur époux, mettent en place une stratégie malicieuse pour tromper la vigilance des deux familles.

Dans certaines situations, il apparaît souvent qu’un groupuscule des membres de la famille du gendre, tout comme celui de la fille, soit au courant de la grossesse, et par solidarité participe à la supercherie. Les raisons le plus souvent évoquées par certaines personnes pour justifier l’interdiction de la dot d’une fille enceinte sont nombreuses.

D’après une enquête menée par Sandrine Tonlo Tiako, journaliste au quotidien Mutations, qui a eu le privilège de rencontrer certains responsables des communautés, il ressort que selon le principe, une femme doit se marier vierge.

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Les familles respectives ne doivent pas être au courant que les futurs mariés ont déjà eu les rapports sexuels. Cela sous-entendrait que, même si un couple partage une intimité depuis longtemps, tant qu’il n’y a pas une grossesse avant la dot, la femme est considérée aux yeux des deux familles comme étant vierge.

Pour Ferdinand Ndame Eyoum, notable au canton Ngoma Douala-Bassa, le jour de la dot, il y a des esprits maléfiques qui rôdent. Par crainte que ces derniers ne  fassent du tort à la mère ou encore au bébé dans le ventre, on préfère attendre l’accouchement pour continuer les négociations.

Chez les Sawa, la dot d’une femme enceinte est interdite pour la simple raison que, on craindrait que la femme ne meurt au cours de l’accouchement, d’après Robert Elombo, notable de Bonabelon dans le village Bonapriso.

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Une autre raison avancée est que si le fiancé de la fille ne donne pas les présents qui satisfassent la famille, celle-ci dans leur mécontentement peut lancer un mauvais sort à la fille. Elle peut perdre son enfant, soit ne plus jamais en avoir, soit avoir des enfants malades ou encore connaitre une vie de couple malheureuse.

Selon un citoyen que nous avons rencontré et qui a voulu garder l’anonymat, le refus de doter une femme enceinte se justifierait aussi par le fait que lorsque la famille constate la grossesse, elle impose au futur gendre de doubler la dot, si celui-ci ne parvient pas à satisfaire aux nouvelles exigences de la famille, la cérémonie est renvoyée en attendant l’accouchement.

Toutefois si certains couples veulent malgré tout avancer dans leur initiative, conscients du fait qu’ils n’ont pas rempli toutes les conditions exigées, en accord avec les deux familles, la dot de la première fille issue de leur union reviendra exclusivement à la famille de la fille. La pratique n’est pas habituelle, mais les familles préfèrent par mesure de sécurité pour la vie de la fille et de l’enfant attendre l’accouchement.




 

 

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Festival Koura Gosso, six représentants camerounais dans la line up

Publié le
Par Charly ngon

La troisième édition du Festival Koura Gosso aura lieu du 2 au 5 mai 2019 à Moundou.


Après un appel à candidature lancé au cours du mois de février, les organisateurs du Festival Koura Gosso viennent de dévoiler la liste définitive des artistes retenus.

Pour cette troisième édition, la province du Logone Occidental précisément à Moundou-Tchad, va accueillir quarante-deux artistes dans l’un des rares évènements culturels qui met en lumière le patrimoine artistique de cette localité.

Une initiative qui permet le brassage des cultures et le partage des expériences entre les artistes. Dans cette liste, on retrouve une forte délégation camerounaise, composée du groupe Love N’Live, Leberger, Abou Digital, Papy Anza, Danielle Eog et MarsiArsi.

Le Festival Koura Gosso qui veut dire « jeune talent », est une plateforme d’échange et de rencontre qui réunit tous les ans  les artistes, les journalistes, les promoteurs culturels, le public et les étudiants de la localité de Moundou.

NB: Le Festival Koura Gosso aura lieu du 2 au 5 mai 2019 à Moundou-Tchad.




 

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