Patricia Monthe "Ce n’est qu’avec la rigueur d’implémentation que dans beaucoup de pays, les chefs d’entreprise se démarquent"

Patricia Monthe « Ce n’est qu’avec la rigueur d’implémentation que dans beaucoup de pays, les chefs d’entreprise se démarquent »

On a rencontré Patricia Monthe la fondatrice de MEDX eHealthCenter , l’hôpital 2.0 pour les pays en développement comme le Cameroun. Entretien ! 

Patricia Monthe

Patricia Monthe

Bonjour Madame Monthe Patricia, vous êtes connue pour être à l’initiative MEDX eHealthCenter! Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vous ? D’où venez-vous ? Quel a été votre parcours ?

D’origine camerounaise, je vis et suis résidente aux Pays Bas. J’ai étudié jusqu’à l’âge de 18 ans au Cameroun, ensuite je me suis envolée pour les Pays Bas où j’ai fait un Bachelor en Business Administration, un Master en gestion des systèmes Informatiques à Londres et un Programme exécutif en Innovation dans la santé à Paris. J’ai quelques années d’expériences dans des grosses boîtes européennes, où j ai été le bras droit de la Chief Information Officer de Philips Lighting et du Directeur de Microsoft à Philips, mais aussi j’ai restructuré le business model d’office dépôt «  une boite américaine pour laquelle j’ai bossé entre les bureaux de France/Angleterre/Pays-Bas. Une carrière pareille à un très jeune âge rend la vie de famille super compliquée à gérer, ce n’est que ces dernières années que je bosse à construire une vie de famille. Qui se passe relativement bien pour l’instant, des grands plans de ce côté là.

Quand avez-vous décidé de vous lancer dans cette aventure ? Quel a été le déclic ?

J’ai su très tôt que je voulais me mettre à mon compte. J’ai suivi un programme de développement personnel dans mon cursus scolaire et on m’a attribué le Tag de Leader. Ça m’a toujours donné le punch et la motivation de trouver l’idée poignante pour pouvoir me lancer quand le moment viendra. Le déclic a été autour de 29 ans, après avoir géré mon parcours dans deux grosses boîtes dans des postes très lourds et n’ayant pas de famille à charge, je me suis dit que j’étais prête.

Parlez-nous de votre initiative !

L’hôpital numérique est un espace où virtuellement toute personne avec accès à l’internet pourra se connecter pour chercher, contacter et échanger avec le corps médical de part le monde. Nous sommes super excités du parcours jusqu’à présent et encore beaucoup de belles choses en vue. Nous bossons en ce moment pour connecter le système pharmaceutique sur l’hôpital (L’accès aux médicaments sera donc sans frontière dans le futur)

MEDX

Quelles sont les défis qui vous avez ou que vous rencontrez dans votre parcours ?

Le plus gros défi que beaucoup de femmes entrepreneurs rencontrent est lié à l’aspect émotionnel. Personne ne croit en toi et ça rend très vulnérable et instable de temps en temps. Au lieu de porter ton projet, tu entends constamment les raisons pour lesquelles la femme ne devrait pas être entrepreneur.

On a vraiment l’impression que créer sa start-up aujourd’hui est plus simple qu’à l’époque de nos parents. Qu’en pensez-vous ? Qu’est ce qui a changé ?

Beaucoup plus simple et je crois encore plus simple quand tu es dans les pays où les ressources sont plus accessibles. L’accès aux ressources (humaines, financières, connaissances, technologiques) est beaucoup plus présent que dans les années passées. Et aussi on est dans une période où le monde mise sur la collaboration pour se définir et comme on dit en général (1+1=3 est toujours plus porteur)

Selon vous, quelles sont le pré requis pour être entrepreneur dans le contexte socio-économique camerounais ?

J’ai jamais opéré ou même bossé au pays, mais si je devais donner une opinion sur la base de mon observation, il faut s’armer de plus de patience. Ce qui pour moi manque le plus aux entrepreneurs, est la capacité d’excellence. Ce n’est qu’avec la rigueur d’implémentation que dans beaucoup de pays, les chefs d’entreprise se démarquent.

Une anecdote marquante de votre parcours d’entrepreneur …

Un investisseur m’a demandé de virer toute mon équipe pour avoir accès aux fonds dont j’avais besoin. Equipe que je porte très proche dans mon cœur, car sans elle nous ne serions pas à ce niveau.

Où est-ce que vous vous voyez dans 5 ans ?

Etant maman, entrain de lancer ma deuxième boite (dans le domaine de l’art) et MEDx.Care sera opérationnellement dans la main de quelqu’un de plus brillant que moi en exécution.

Si on devait mettre en lumière une autre start-up ou initiative camerounaise actuellement, selon vous ce serait laquelle ? Pourquoi ?

Je dirai le IEG de Paul Poungala car on a besoin d’apprendre à transformer. C’est la clé de l’économie pour le continent et le Cameroun se trouve là. Ça s’appelle en réalité le RIVINDAF. On doit beaucoup former nos jeunes dans le secteur primaire/secondaire et tertiaire. Le plus gros à faire est dans le secteur secondaire où la transformation permet d’avoir des secrets industriels et rend compétitif.

Quel est le top 3 des applications mobiles ou de bureau que vous utilisez actuellement ?

Charlie – prépare le profil de toutes les personnes avec qui je suis en interaction professionnellement. Un type d’assistant virtuel.  LinkedIn – pour gérer mes 6000 followers professionels. Skype – pour communiquer et rester connectée avec tous mes collaborateurs dans le monde.

Si vous étiez un plat camerounais, ce serait lequel ?

Je ne suis pas trop nourriture mais disons le KEKEU « Maïs frais moulu avec les légumes ».

Un mot pour la fin … un message à l’endroit de la jeunesse camerounaise !

Rêver et bosser dur, il n’y a que le travail qui paye. Tous les autres outils pour acquérir le succès sont temporaires et sont des masques qui finissent toujours par tomber.

Je fais partie de la Génération Androïde donc jamais sans mon phone. All les days, je jongle entre les fonctions de mélomane, d’internaute et de noctambule. En résumé, je suis un camerounais déjà avancé !

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