ZOOM ON : Sur les traces du BMX au Cameroun - Auletch

ZOOM ON : Sur les traces du BMX au Cameroun

Publié le 18 février 2016, par Mota__Savio

Le BMX au Cameroun … Une fois n’est pas coutume. Aujourd’hui, l’équipe d’Auletch est allée à la rencontre du collectif 237BMX, un groupe de rideurs BMX (Bicycle Moto Cross) camerounais dont le siège est à Yaoundé. Ils sont jeunes, talentueux, et surtout explosifs (Vous verrez les photos). Les gars comptent déjà, pas mal de réalisations pour une si jeune association. Trêve de bavardage, lisez plutôt l’entretien que nous a accordé Jedidia Ntep, l’un des fondateurs de ce mouvement qui se veut national et ouvert à tous.

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  • Bonjour Jedidia. Comment tu vas ? Peux-tu te présenter aux letchois ?

« Bonjour Auletch je me porte super bien, merci de nous accorder cette interview ! How les letchois y a la forme ? Je me call NTEP BAYIHA Jedidia. Je suis conseiller graphiste indépendant, et rider de BMX. »

  • Pour commencer, comment se porte le BMX au Cameroun ?

« Le BMX au Cameroun se porte bien mais peut mieux faire, car ce sport et ses pratiquants ne sont pas officiellement reconnus par les autorités sportives. Il n’y a pas d’équipe nationale de BMX, et bien entendu pas de piste de course pour les entrainements. Donc souvent on regarde les riders comme les nanga en route, et parfois même les Nyè nous chassent quand on commence nos « dérangeades » (Street jam/ Shows en route). »

  • Peux-tu nous présenter le collectif 237BMX  aux internautes ?

« 237BMX est une association qui a pour but de promouvoir la pratique du BMX comme sport au Cameroun. Nos activités consistent à :

– Réunir les pratiquants de BMX sur le territoire Camerounais.

– S’amuser.

– La vulgarisation du BMX comme sport.

– Former ceux/celles qui aimeraient l’apprendre.

– La vente, l’entretien et la réparation de vélos, toute catégorie confondue.

– Dans l’avenir, participer à des stages de formations organisés aux USA, en Europe ou en Afrique du Sud.

– Dans l’avenir organiser des compétitions nationales.

– Dans l’avenir créer une équipe nationale et competir au niveau international.»

 

  • En quelle année avez-vous débuté ? Et, combien de membres compte le collectif à ce jour ?

« Nous avons débuté en Juin 2015, peu après ma rencontre avec Boris AKA « Kimberly ». Le collectif officiel (ou la team Pro/Semi Pro) compte 10 membres. Mais la famille est bien plus grande, on compte plus d’une centaine sur Yaoundé, Douala, Edéa, Akonolinga et Ebolowa. »

  • Le BMX semble être un sport qui réunit plein de monde. Parle-nous de ce sport. Qu’est-ce que c’est le BMX ? En quoi ça consiste ?

« Le BMX (Bicycle Moto Cross) est une discipline individuelle qui consiste à rouler et faire des figures très spectaculaires sur un vélo appelé BMX, d’où sa capacité à attirer des foules. Ce sport a été créé vers les années 70 aux USA. Il est pratiqué par des hommes et femmes entre 7 et 45 ans. Le BMX est composé de 4 sous-disciplines notamment :

Le BMX STREET qui se pratique avec des vélos solides et légers, car le cascadeur fait des figures et combinaisons de figures dans lesquelles il doit à chaque fois sauter avec son vélo. Le street rider se sent à l’aise sur une allée dégagée avec une légère pente, des trottoirs, et des rigoles qui lui servent d’obstacles à franchir. Mais l’endroit idéal reste un grand skatepark équipé de rampes. Pour ceux qui veulent en savoir plus, suivez l’Américain Aaron Ross sur le web, c’est un des meilleurs.

Le BMX FLAT ou FLATLAND.

Pour cette catégorie, les vélos sont moins légers, mais toujours aussi robuste. Le flat peut être qualifié de « danse avec le vélo », et par conséquent on peut pratiquer du flat sur des podiums, et dans des espaces un peu plus réduites mais sur une surface dure et lisse. Le Français Matthias Dandois est un des doyens du domaine, voire aussi Vicki Gomez.

Le BMX VERT.

Mollah ici c’est alors la tension, c’est les doubles/ triples péroulés en l’air à vélo que tu veux voir ? Le vélo du VERT ou Dirt à une configuration semblable à celle du Street, mais cette catégorie nécessite un circuit plein de rampes solides et lisses. Le rider prend de l’élan, et se propulse en l’air à l’aide des rampes, celles lui permet de faire des figures en plein air, et d’atterrir. Voire le feu Dave Mirra, AKA « Mirracle Man »

Le BMX RACE (Bmx de course).

Ce sous-genre est différent des autres trois, car dans la RACE, 8 compétiteurs s’affrontent en course dans un circuit fermé. Le circuit est ondulé et recouvert de goudron. Le vélo est léger et solide, mais il est légèrement différent des autres. Il y a très souvent des gradins pour les spectateurs à côté du circuit. »

  • Et au Cameroun ?

« Au Cameroun, on pratique beaucoup plus du STREET et du FLATLAND, car contrairement au VERT et RACE, ces catégories ne nécessitent pas de parcours dédiés. Pour les pratiquer, il suffit juste de trouver une surface dure et lisse (Flatland) et d’un espace ouvert avec quelques obstacles (Street). Il y a plus d’une centaine d’adeptes de ce sport au Cameroun, principalement dans les villes de Yaoundé, Douala, Edéa, Ebolowa, et Akonolinga. Ce sport attire beaucoup les amateurs de sensations fortes, ceux qu’on a parfois tendance à traiter de « délinquants » ou voyous violents etc. Notre jeunesse est pleine de personnes comme ça, qui pour certains n’arrivent pas à s’épanouir dans le football, et les autres sports en vue. Le BMX est un sport explosif ou des gens à caractère explosif peuvent se retrouver, et PEUT ETRE changer leurs vies pour le meilleur. Il ne nous reste qu’à nous faire former par des PROs du BMX, dans toutes ces catégories, et construire des structures pour s’entrainer. »

  • Que faut-il pour le pratiquer ?

« Il faut juste être intéressé, avoir une forte volonté, un bon vélo, et son équipement de protection. Le reste dépendra de votre détermination. Pour plus de motivation, je vous conseille de regarder des tutos en ligne et de se rapprocher d’un rider expérimenté. »

  • Dans un pays où le football reste le sport roi, qu’est-ce que vous faites concrètement pour faire connaitre le BMX aux camerounais ? Quelles sont les actions que vous posez pour que les camerounais n’aient pas l’impression que c’est un sport réservé aux « blancs » ou aux « bobo » ?

« La majorité des riders et les meilleurs sont des « free boys », de vrais battants il n’y a pas de « bobo » chez nous (mais on vous veut aussi hein ! N’ayez pas peur on est free). Pour répondre à votre question, à chaque fois que nous organisons une « dérangeade » nous donnons des informations sur le BMX et nos contacts à tous ceux qui sont intéressés par ce sport. Nous partageons des images sur les RS, qui montrent clairement qu’on vient du terre-terre, donc le kwat quoi ! »

  • Quels sont les profils qu’on retrouve dans votre association ?

« Au sein de la team, il y a flop de techniciens de vélo, certains ont arrêté leurs études et ne vivent que de cette activité. Nous avons quelques élèves qui font dans des domaines techniques tel que l’électricité, la mécanique etc. Il y a aussi des étudiants et des travailleurs. »

  • Les membres du groupe semblent passionnés. Vous pratiquez le BMX à plein temps ?

« Oui en dehors du travail. Pour plusieurs, c’est le boulot, le BMX et le boulot. J’avais moi-même commencé à le faire très régulièrement mais j’ai dû ralentir mon rythme car je me suis fait mal, et aussi ma charge de travail a augmenté. »

  • Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer ou vous rejoindre ?

« Trouver un bon vélo BMX, et des équipements de protection, se rapprocher d’un rider expérimenté et pédaler/s’entrainer régulièrement.

– Pour les mineurs, l’avis signé du parent ou tuteur, leur donnant la permission de rouler avec nous.

– S’engager d’assister à toutes les séances de travail, ou de signaler son absence à l’avance.

– S’acquitter de ses cotisations et fournir 1 demi-photo 4×4.

– Se créer une page instagram et suivre le mouvement sur ses plateformes virtuelles (Facebook, Instagram, Twitter…) »

  • À ce jour, quelles sont vos réalisations ?

« Parfois, selon que les moyens nous permettent, les riders se déplacent pour un weekend dans une autre ville, histoire de rencontrer de nouveaux riders, et visiter la ville en BMX tout en faisant quelques figures çà et là en parlant aux gens du mouvement. Pour la dernière excursion, Boris AKA « Kimberly » et moi nous sommes rendus à Douala (voir photos et vidéos sur instagram @237bmx). Lors des cinquantenaires de la fête de la jeunesse, nous avons participé au festival du « MOOV » de l’émergence le 10 février, et le 11 février nous avons fait un show lors du défilé à la tribune de Sa’a, dans le sud.

Depuis la mise sur pied de 237BMX, la Fécacyclisme fait appel aux riders pour animer leurs évènements notamment ; les départs et arrivées de leurs courses. Nous avons notamment été les invités de la dernière édition du Grand Prix cycliste Chantal Biya.

Nous avons aussi animé pendant l’inauguration du nouveau siège de la fécacyclisme à Yaoundé. Les animations consistent typiquement de diverses figures et cascades à vélo. »

Nous avons aussi participé à la réalisation d’un nombre de clips vidéos avec des artistes Camerounais notamment

Bayam Selam – Rodwyn

 

C’est le Hoha – Cicinho Tchokoro

 

Zélé – Newbell Music

 

Et une mini-vidéo avec Frenchkind

 

  • Hors mis le fait que le BMX soit une activité passionnante, parvenez vous à vivre de cette activité ? Du moins ça rapporte des fois ?

« Ça rapporte parfois, mais c’est rare. Alors que le rider, lui doit s’entrainer chaque jour pour garder la forme et progresser. On ne parvient pas ENCORE à vivre de l’activité, mais la passion nous suffit pour le moment, et nous espérons trouver des sponsors qui nous accompagneront. »

  • Toute l’équipe d’auletch.com vous remercie pour cet entretien. Un mot pour la fin ?

« Ce fut un énorme plaisir, merci les gars ! J’aime bien lire vos articles. Ils sont d’une originalité rare, et le site auletch lui-même est une perle. »

CONTACTS

Instagram : @237BMX

Facebook : @237BMX

Twitter : @237BMX

Jedidia Instagram : @jediart   /   Twitter : @jedidiart

Kimberly Instagram : @kimberly_237bmx

 

Auteur : Mota__Savio

Mollah, moi je suis Africain hein ! Camerounais et fier de l’être. Team: Vert-Rouge-Jaune ô Bosso. Internet ma muse, je n’oublie pas pour autant le ndolè et les missolè de mes ancêtres. Bref, je suis un gars comme vous : Un gars « connecté ». Hein ! Mollah


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