Restitutions d’œuvres d'art : l'exception de la statue Afo-Akom

Restitutions d’œuvres d’art : l’exception de la statue Afo-Akom

Publié le 13 avril 2022, par Charly ngon

Originaire du village de Kom dans la région du nord-ouest, Afo Akom est le seul objet traditionnel volé à l’époque coloniale et restitué à sa communauté quelques années plus tard. Son retour a mobilisé une foule qui a pris d’assaut l’aéroport pour l’accueillir.

 

Afo-Akom

De nombreuses communautés au Cameroun attendent depuis des années le retour des œuvres d’art qui leur ont été frauduleusement volées pendant la colonisation. D’après les recherches qui ont été menées par certaines associations qui militent en faveur de la restitution de ses œuvres d’art. Celles-ci ont démontré qu’il existe des milliers d’objets d’art qui sont conservés dans les galeries et chez les collectionneurs un peu partout en Europe. Les négociations engagées entre les communautés et les pays concernés sont bloquées d’une part à cause des lourdeurs administratives et d’autre part à cause du refus de ceux qui détiennent encore ces richesses culturelles de collaborer avec les communautés. Mais jusqu’à ce jour, la seule œuvre d’art qui a pu être restituée à ses vrais propriétaires au Cameroun, c’est la statue Afo-Akom. Mais celle-ci s’est faite d’une manière très particulière.

La statue Afo-Akom ( qui signifie la chose kom) appartient au Kom, un peuple originaire de la région du Nord-Ouest au Cameroun et mesurait 1,59 m. Fabriquée à partir d’un bois sacré, Afo-Akom représente le pouvoir spirituel du royaume Kom, car à chaque fois qu’il fallait introniser un nouveau Fon ou pour d’autre événement, on sortait l’Afo-Akom pour les rituels qui accompagnaient les cérémonies. Elle représente un homme nu et couronné, tenant un sceptre dans sa main. Il se tient derrière un tabouret soutenu par trois têtes de buffle. Par cupidité et par amour du gain, l’un des neveux du roi va dérober la statue dans le palais et la vendre à un trafiquant d’œuvres d’art. La statue sera vendue dans un musée en France avant de se retrouver par la suite aux États-Unis.

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Mais l’aventure de l’Afo-Akom dans son nouvel environnement va se passer de tout commentaire. Les nouveaux propriétaires de la statue étaient loin de s’imaginer que celle-ci possédait certains pouvoirs. La légende raconte que toutes les nuits, on entendait des bruits bizarres. Parfois, les objets se brisent sans aucune explication dans la maison. Ce phénomène étrange va se répéter plusieurs fois jusqu’à ce que les propriétaires décident de se séparer de l’Afo-Akom. Seulement les choses ne vont pas se passer comme ils l’espèrent. À chaque fois qu’ils essayaient de se débarrasser de l’Afo-Akom, celle-ci revenait toujours. Ils ont fini par se séparer de la statue en la vendant à un musée dans la ville de New York. En 1973 uns, de célèbres collectionneurs d’œuvre d’art au nom de Warrem Robbins, va reconnaître l’Afo-Akom. Avec le soutien des membres de la communauté Kom vivant en Amérique, ils vont faire une levée de fonds pour acheter la statue au musée pour la ramener au Cameroun.

Le retour de l’Afo-Akom fut un grand événement jamais organisé au Cameroun pour une œuvre traditionnelle. Pour cela, le président Ahidjo avait mobilisé tout son gouvernement pour réserver à la statue un accueil protocolaire réservé le plus souvent aux hommes d’État. Du jamais-vu, les gens étaient venus de partout pour vivre l’arrivée de l’Afo-Akom à l’aéroport de Nsimalen. Plus tard, elle sera exposée pendant plusieurs semaines à l’office du tourisme, ancienne appellation du ministère du tourisme, avant de retrouver le royaume Kom.

 

 

Auteur : Charly ngon

Molah ne te fie pas à mon name, je ne suis pas un mbenguiste, je suis du bled comme toi. Les hauts et les bas sont notre quotidien, donc ne fia pas c'est entre nous quoi ... comme au letch


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