[Tradition] La purification du corps « ESOB NYOL » chez les Béti - Auletch

[Tradition] La purification du corps « ESOB NYOL » chez les Béti

Publié le 28 avril 2016
Par Grand Prof


purification esob nyol chez les beti au cameroun

Vous avez déjà certainement entendu l’expression “aller se laver au village”. C’est une pratique courante en Afrique mais qui diffère suivant les tribus/villages. Chez les Beti, on l’appelle Esob Nyol.

L’Esob Nyol est un rite mixte de purification du corps chez les Béti. Il exprime le lavage du corps afin de permettre une vie pleine de succès et/ou de protection. Ce rite est pratiqué le plus souvent quand, dans une famille ou un clan, on constate qu’il y a de nombreux échecs professionnels, familiaux etc ; surtout si la personne concernée a tout pour réussir : intelligent(e), diplômé(e), débrouillard … Et ce succès devrait se traduire en avoirs matériels et/ou financiers, ou en mariage. Ainsi, ce rite est une cérémonie qui doit permettre le “retour à la normale” en redonnant confiance aux personnes éprouvées, voire permettre leur réintégration au sein de la société. Ce rituel fait appel à un certain nombre de personnes du village soucieuses du bien-être commun. Pour cela, la cérémonie rassemble les aînés du clan, le chef du clan, la famille ou l’individu concerné. En ce qui concerne les éléments qui sont utilisés pour la cérémonie, c’est un mélange d’eau et de feuilles que le chef de famille ou le chef du clan  a rassemblé pour la circonstance. Il est le seul à savoir quels types de feuilles sont nécessaires pour ce type d’évènement.

Par ce rite de purification, le Béti se dépouille du Nsem (transgression d’une tradition ou d’une coutume causée par le concerné lui-même ou par ses prédécesseurs, géniteurs directs ou grands-parents), de la souillure. Dans le christianisme, on dirait que c’est le  moyen par lequel le Béti naît de nouveau.

La particularité de ce rituel chez le Béti est que, l’impur ou la souillure est quelque chose de matériel, visible, perceptible. A cet effet, il faut le laver par des bains rituels, d’où l’expression  : “Aller se laver au village”. Par ce procédé donc, l’on empêche que les fautes des ancêtres se perpétuent sur les générations futures qui, elles, ne le méritent pas.

Cependant, si cette coutume continue d’exister dans quelques regroupements Béti, elle est en parfait recul dans d’autres. Les familles et plus particulièrement les jeunes ne s’y intéressent plus comme par le passé, où cette coutume était très prisée, à la rigueur même, imposée par la famille ou le village. Plusieurs voient déjà en elle des pratiques anciennes sans résultats parce d’inefficaces. Ils estiment qu’elles sont sans importances aujourd’hui. Une autre cause de ce recul est aussi que la majorité de la population est devenu chrétienne. Or nous connaissons la doctrine du christianisme et sa position face à ce genre de rites. Ils sont remplacés par la confession auprès du prêtre, du pasteur ou de tout autre homme d’église de nos jours. A tort ou à raison ? Je vous laisse en juger.

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