Le mariage à tous les prix : l’effet « exmbenguiste » - Auletch

Le mariage à tous les prix : l’effet « exmbenguiste »

Publié le 8 novembre 2013, par LGM

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Cette semaine la communauté web camerounaise a vibré au rythme d’un article écrit par la désormais célèbre ex-mbenguiste a.k.a « madame Marlène X ». Le sujet traité était les femmes et le culte qu’elles doivent vouer au mariage. Il ne fallait pas plus pour envoûter la toile. Ce sont les réactions que vous voulez voir ? C’est là alors que tu te rends compte que les femmes camerounaises malgré qu’elles signent encore polygamie à la mairie sont des féministes de haut niveau. Mais on va où là ? (pardon je lap les go ne tomber pas sur moi). Mais bon parlons peu parlons vrai, non pas que j’approuve ce que « madame Marlène X » a décrit, d’ailleurs que pour ma part je trouve que c’est un article écrit sur fond de sarcasme, mais pour dire la vérité eiin il y a beaucoup de go ici dehors pour qui le mariage c’est une fin en soi. Qu’elle soit cocufié ohhh, maltraité oohhh, sous-estimé oohhhh, elles veulent seulement go à la mairie. « Ducoutement » je me pose alors la question de savoir ce qui peut motiver autant les go.

Le premier way qui me vient à l’esprit c’est l’âge. On a grandit dans une société ou la majorité de nos mamans à 18 ans était déjà mariée. La société à leur temps voulait qu’une femme accomplie soit celle qui trouve un mari et encore ce n’était pas tous, il fallait qu’elle soit capable de faire des enfants. Même que dans certaines tribus la fille devait accoucher avant le mariage pour prouver au prétendant qu’elle est capable de procréer. C’est bizarre mais cette génération de mamans n’est pas très lointaine donc en toute logique il y a des familles qui poussent leurs filles à trouver le mariage coûte que coûte …

Le deuxième way qui peut être à l’origine de cet engouement c’est l’échec social et professionnel. Ouiii c’est bête mais beaucoup de filles se rouent vers le mariage pour combler le baccalauréat qu’elle n’a pas eu, la licence qu’elle n’aura jamais ou le doctorat qu’elle n’imagine même pas. Si par malheur toutes ses copines sont mariées ou qu’elle est au chômage eiin, c’est le mariage là qui va seulement enlever le sans-dame sur elle. Face au regard des copines qui ont choisies le « long crayon » et qui ne sont épanouies que par leur réussite professionnelle, elle brandit fièrement son acte de mariage et les enfants qu’elle vient d’accoucher.

Le troisième way alors c’est la religion. Les filles vraiment pieuses (pas le genre qu’on voit à l’église en mini-jupe là) qui ont été éduquées selon une croyance dogmatique, une crainte d’un être suprême (Dieu, Allah etc), et selon les valeurs que prônent ces croyances ; pour elles, le sacrement du mariage est un passage obligé. Monte tu descends ooohh, elle doit se marier sinon, non seulement sa tête ne sera pas tranquille, mais l’enfer après la mort la guette (lol). Si par hasard elle a alors forniqué avant le mariage eiiin, une bonne partie de sa repentance passera par l’accomplissement de ce sacrement qu’est le mariage.

Par ailleurs ne nous méprenons pas le mariage est une bonne chose en soi. Mais quand on regarde les sacrifices qu’il faut faire au regard de notre société qui plonge chaque jour plus que la veille dans la débauche et la facilité, on se demande bien si ça vaut la peine. Parce que derrière l’article que l’ex-mbenguiste a écrit, elle dénonce l’état actuel de ce qu’est devenu le quotidien du camerounais. L’homme est devenu de plus en plus macho. L’amour de l’argent, du pouvoir et de la corruption ayant pris le pas sur les valeurs sociales, il est presque devenu normal qu’un homme aie une femme, et deux ou trois maîtresses, il est presque devenu normal qu’un homme puisse se sentir tout puissant dans le foyer au point de considérer que le fait d’avoir épousé sa femme, c’était un bien qu’il lui faisait à elle et non au couple. Beaucoup ont perdu la valeur du mariage, homme comme femme. Il est presque devenu normale qu’un homme ramène sa maîtresse chez ses parents alors qu’il est marié et père d’enfants. Où est passé la morale ? On parle des hommes mais même les femmes ne sont pas en reste. Tu trouveras une femme qui entretient au moins trois mougous (le rythmeur, le financeur et le mbindaeur) sans frémir des yeux, elles trouvent ça normale.

Nous ne sommes que le reflet de notre société, reconnaissons qu’elle est pourrie et admettons que si l’on ne fait rien pour que ça change, on va tout droit au mur. Heureusement il existe encore des familles qui respectent ces valeurs morales. Je parle de famille parce que c’est la base de la société si à l’intérieur c’est le désordre, ça va seulement continuer dehors.

Mais comme je dis très souvent, c’est chacun qui souffle la chaleur de sa cuillère. Donc à l’heure ci eiin chacun fait ce qu’il veut. Moi je go couper ma guigui. Dis donc « chérie, guiness dé for inside na frigo ? »

 

Auteur : LGM

Passionné d’art contemporain et de culture afro, j’aime la cosh, l’humour et l’écriture. Regardeur de jolies filles au carrefour (sauf en hiver), ancien katika au Djambo, j’adore la combinaison okok + saucisse de manioc en robe de raphia et fibre de bananier. Mon tag préféré : ‘’sourire’’.