Interview : Cédric NGOULA, C.E.O Voozi «Pour moi un entrepreneur ça se résume à trois choses...» - Auletch

Interview : Cédric NGOULA, C.E.O Voozi «Pour moi un entrepreneur ça se résume à trois choses…»

Publié le 1 septembre 2017
Par Dickson

On a rencontré Cédric NGOULA le promoteur de Voozi , le service qui compte mettre fin aux longs rangs 

Cédric NGOULA

 

Bonjour, quand avez-vous décidé de vous lancer dans cette aventure ? Quel a été le déclic ?

En réalité mon désir de me lancer dans l’aventure entrepreneuriale commence vers 2015 et est motivé sans doute d’une part par le désir d’être mon propre patron, je ne supporte pas l’idée d’être un simple salarié, d’autre part  je voyais bien que quelque chose était en train de changer au Cameroun et que l’économie numérique était en pleine croissance. Dès lors il était important pour moi de faire partir de cette belle aventure. Mais pour moi le déclic était la montée des startups tels que Djorku, Drone Africa et Aurion .C’était la preuve que les choses étaient possibles

 

Parlez-nous de votre initiative !

Entre 2015 – 2016 quand l’un de mes artistes préférés le Français Kery James, puis Stromae viennent pour des concerts au Cameroun je ne suis informé qu’au journal de Canal 2 après que le concert soit passé et cela me laisse un goût amer. D’autre part, je me rends compte que même lorsque j’étais informé d’un concert et que j’y allais je passais des heures à l’entrée avant d’accéder au lieu du concert. Un concert qui était prévu à 18h commençait très souvent pas avant 22h.C’est là que je me suis dit qu’il fallait créer une application qui allait tenir les gens informés de tout ce qu’il y’a comme événement (concert, conférence, foire, formation…) et surtout résoudre ce problème de longue file d’attente et de retard .C’est de là que VOOZI voit le jour.

 

Quels sont les défis que vous avez où que vous rencontrez dans votre parcours ?

L’un des plus gros défis que je rencontre dans mon parcours est celui de la plupart des entreprises innovantes dans le monde. Celui de vulgariser notre solution .Aussi sur le plan local faire les gens payer en ligne est un gros défi car on a longtemps dans notre société associé Internet à tout ce qu’il y’a de mauvais.

 

On a vraiment l’impression que créer sa start-up aujourd’hui est plus simple qu’à l’époque de nos parents. Qu’en pensez-vous ? Qu’est ce qui a changé ?

Simple je ne dirais pas ! Il est évident que le chômage et la pauvreté touchent notre société plus violemment qu’à l’époque de nos parents. Pour la petite histoire à mon âge mon père était déjà marié avec femme et enfants et gagnait très bien sa vie ce qui est difficile à réaliser de nos jours. Créer une startup dans ce contexte de pauvreté est extrêmement difficile quand on connait combien sa demande  d’investissement. Toutefois je pense qu’il y a énormément plus d’opportunités aujourd’hui qu’à l’époque de nos parents : le marché Camerounais c’est aujourd’hui pas moins de 20 Millions d’habitant, les télécommunications ont connu un vrai boum. Donc je ne dirais pas que créer une startup est plus simple aujourd’hui mais plutôt qu’il y a énormément plus d’opportunités de nos jours.

 

Selon vous, quels sont les prérequis pour être entrepreneur dans le contexte socio-économique camerounais ?

Pour moi un entrepreneur ça se résume à trois choses : la capacité à s’adapter, la patience et surtout le courage !

 

Une anecdote marquante de votre parcours d’entrepreneur …

En septembre 2016 quand j’ai pris la décision de créer ma propre start-up c’est alors que j’entends parler de l’incubateur Activspaces par un ami, Junior Kamla le fondateur de la start-up Walkiwi. Je décide donc d’aller rencontrer le responsable d’Activspaces sans avoir pris rendez – vous au préalable. Quand j’y suis arrivé, j’ai demandé à la première personne que j’ai rencontré qui dirige cet espace, il me montre le responsable du doigt Mr Steve Tchoumba. Je me suis dirigé tout droit vers lui, je me suis présenté et je me suis mis à parler de mon projet sans qu’il m’ait adressé un seul mot ou même lancé un regard vers ma direction. J’étais déterminé à défendre mon idée, j’ai donc insisté jusqu’à ce qu’il s’intéresse à ce que j’avais à dire .Et après qu’il ait retourné mon projet dans tous les sens pendant 2 semaines je fini par intégrer ce formidable incubateur.

 

Où est-ce que vous vous voyez dans 5 ans ?

Je me vois ici au Cameroun dans 5 ans parce que je pense que c’est ici que tout va se passer. Et ma startup VOOZI sera à cette époque déjà bien installée sur le marché Africain et sera entrain de conquérir le marché européen. VOOZI à cette période ne se contentera plus seulement de vendre des tickets mais va aussi permettre aux personnes d’assister à n’importe quel événement dans le monde sans se déplacer de chez lui à travers les casques de réalité virtuelle que nous allons fabriquer nous mêmes chez VOOZI.

 

Si on devait mettre en lumière une autre start-up ou initiative camerounaise actuellement, selon vous ce serait laquelle ? Pourquoi ?

Tout de suite, je pense à une autre startup d’Activspaces, Guanxi-invest qui est plateforme de crowdfunding porté par Cédric Ngondi. Sa solution de financement participatif vient résoudre l’une des plus grosses difficultés que rencontrent les startups aujourd’hui. Celle de réunir les capitaux pour leur projet.

 

Quel est le top 3 des applications mobiles ou de bureau que vous utilisez actuellement ?

Facebook, Word office, Notepad ++

 

Si vous étiez un plat camerounais, ce serait lequel ?

Un bouillon de porc avec beaucoup de piments et du macabo. Ça ne passe pas sans laisser de trace dans la bouche !

 

Un mot pour la fin … un message à l’endroit de la jeunesse camerounaise !

Il est urgent pour nous la jeunesse d’entreprendre car il est évident que les choses ne sont plus comme avant, le riche n’est plus celui qui a un boulot bien payé mais plutôt quelqu’un qui possède de nombreux actifs, c’est-à-dire des entreprises.

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