Interview : Aïcha Noucti , C.E.O Keuni Foods « Pour être entrepreneur au Cameroun, il faut être prêt …»

Interview : Aïcha Noucti, C.E.O Keuni Foods « Pour être entrepreneur au Cameroun, il faut être prêt …»

Publié le 29 mars 2018
Par Dickson

On a rencontré Aïcha Noucti, la promotrice de Keuni Foods, la startup camerounaise derrière la marque « Secret ».

  • Bonjour, vous êtes connues pour être à la tête de l’initiative SECRET épices ! Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vous ? D’où venez-vous ? Quel a été votre parcours ?

Je suis Aïcha Noucti, j’ai 39 ans et je suis la directrice de KEUNI FOODS, entreprise productrice des épices de la marque « SECRET ». Diplômée en Sciences de gestion à HEC Montréal (Canada) et en Communication d’entreprise à l’ESGCI de Paris (France). Avant de créer KEUNI FOODS, j’ai travaillé pendant 8 ans comme Responsable ventes et distribution à ADIC Cameroun, un spécialiste de la production de spiritueux

  • Quand avez-vous décidé de vous lancer dans cette aventure ? Quel a été le déclic ?

L’idée me vient en 2012 alors que je m’apprête pour un voyage de 6 mois vers les Etats Unis.  Pour pouvoir cuisiner là-bas, les mets de chez moi, j’emporte avec moi plusieurs kilos (6 en tout) d’épices sèches présentées séparément. Je découvre alors le désir de la diaspora de continuer à cuisiner africain et aussi les difficultés qu’elle a à se procurer les épices de chez nous. C’est là où me vient l’idée du tout en un, facile à transporter, facile à cuisiner (même pour les hommes).

  • Parlez-nous de votre produit en détails et dites nous comment ça fonctionne ?

SECRET épices est un tout en un. C’est en fait une composition d’épices « prêt à l’emploi ». Dans un sachet d’épices SECRET, vous trouvez tous les condiments dont vous avez besoin pour assaisonner votre viande, votre poisson ou votre plat au poulet. Les condiments sont déjà écrasés et présentés sous forme de pâte à cause de la présence dans cette composition de l’ail et de l’oignon qui contiennent de l’eau.

  • Pourquoi selon vous utiliser votre produit est un plus pour le Cameroun ?

C’est un produit 100% camerounais. C’est une particularité qui mérite d’être précisée. Nos intrants proviennent de l’agriculture camerounaise et par conséquent nous représentons un débouché pour les agriculteurs. Le développement de KEUNI FOODS aura un impact certain sur le développement de l’agriculture au Cameroun. Ensuite, nous transformons nos produits ici au Cameroun. Il s’agit pour nous d’un indispensable. Le développement du Cameroun et de l’Afrique passera par l’industrie. Nous ne pouvons pas continuer à acheter à l’étranger et à vendre ici et espérer nous développer car l’importation entraîne d’énormes pertes de devises. Parlant du produit lui-même, nous avons choisi de sortir du sentier battu du «  les camerounais regardent le prix et s’en foutent de la qualité ». L’espérance de vie au Cameroun est de 56 ans et 83 ans en France par exemple. La santé passe par l’alimentation. Avec SECRET épices, nous avons choisi de mettre l’accent sur la qualité pour le bien-être des camerounais. De ce fait, nous proposons un produit sans colorant ni additifs avec des conservateurs naturels. SECRET épices est 100% naturel, bon pour la santé et bon en goût.

  • Quelles sont les défis que vous rencontrez dans votre parcours ?

Le principal défi est celui du marché. Nous avons pris un risque important en mettant l’accent sur la qualité. Aux yeux de beaucoup le prix est élevé (200FCFA le sachet de 70gr). Nos distributeurs nous recommandent de réduire la qualité du produit et de baisser le prix. Ce que nous refusons catégoriquement. Alors la bataille est d’informer le consommateur sur l’importance de manger bio et de penser à sa santé quand il achète des produits pour sa consommation.

  • Selon vous, quelles sont les pré requis pour être entrepreneur dans le contexte socio-économique camerounais ?

Pour être entrepreneur au Cameroun, il faut être prêt (comme on dit chez nous) ! Entreprendre n’est facile nulle part et au Cameroun, c’est encore plus difficile. Les obstacles sont partout ; de la possibilité de tomber sur un partenaire escroc au risque d’employer des personnes qui ne veulent pas travailler, l’entrepreneuriat au Cameroun demande beaucoup de force mentale, de patience, de persévérance, d’esprit « ouvert » prêt à reconnaître les coups fourrés…Bref le danger est partout. Et tout ça dans un environnement où trouver le financement reste un vrai parcours du combattant. Mes respects à tous les entrepreneurs camerounais qui continuent à se battre !

  • Où est-ce que vous vous voyez dans 5 ans ?

Nous travaillons afin que dans 5 ans, nos produits soient distribués dans plusieurs pays d’Afrique et disponible dans les plus grandes chaînes de supermarchés en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord.

  • Si on devait mettre en lumière une autre start-up ou initiative camerounaise actuellement, selon vous ce serait laquelle ? Pourquoi ?

Je parlerai de Frida54, une initiative d’Edith Tialeu. Edith fait partie de cette nouvelle génération d’africains qui travaillnte à la valorisation de l’art africain sur le marché occidental. Frida54, ce sont des outils de décoration intérieure fait main par des artisans africains.

  • Un mot pour la fin … un message à l’endroit de la jeunesse camerounaise !

Je crois qu’on ne le dira jamais assez : le travail est la clé. C’est bien de rêver, c’est mieux d’agir afin de réaliser son rêve. Car aucun rêve n’est fou.




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Par Charly ngon

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Au Letch, on look aussi !

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