Entretien avec l’équipe de Guanxi Invest « Nous espérons pouvoir combler le besoin en financement des entreprises à hauteur de 3.5 milliards de Fcfa d’ici 5 ans»

Entretien avec l’équipe de Guanxi Invest « Nous espérons pouvoir combler le besoin en financement des entreprises à hauteur de 3.5 milliards de Fcfa d’ici 5 ans»

Publié le 24 août 2017
Par Dickson


On a rencontré Roland Yves NKOME de la team Guanxi Invest, la première plateforme de financement participatif en Afrique Centrale. 

Roland Yves NKOME

 

  • Bonjour, quand avez-vous décidé de vous lancer dans cette aventure ? Quel a été le déclic ?

Bonjour AuLetch ! Nous avons lancé Guanxi Invest en Janvier 2017 et la plateforme est disponible depuis Février. Pour vous parler du déclic en fait c’était un projet de classe alors que nous étions en Semestre d’échange à Shanghai que Cédric (Cédric Ngondi Co-fondateur & CEO) et moi avions décidé de nous lancer dans la confection d’une solution de financement en Capital Risque pour les PMEs Chinoises. Après ce travail nous étions bien décidés à concrétiser notre idée, cette fois en Afrique.

 

  • Parlez-nous de votre initiative !

Guanxi Invest est la première plateforme d’Equity Crowdfunding en Afrique Centrale. Le principe est simple :
Pour résoudre les problèmes de financement des jeunes entreprises Startups et PMEs au Cameroun, le grand public est appelé à investir en achetant des titres financiers de l’entreprise. Ils deviennent donc actionnaires ou créanciers de l’entreprise en question. Nous en tant que plateforme devenons donc un lieu de rencontre et nous organisons la rencontre entre entrepreneurs et investisseurs. La grande particularité étant que n’importe qui peut devenir investisseur, à partir de 10.000Fcfa.

 

  • Quels sont les défis que vous avez rencontrer dans votre parcours ?

Eh bien la première des difficultés est que la culture de l’investissement n’est pas ancrée dans nos mœurs (nous les camerounais). Au-delà du formidable outil du crowdfunding, il faut arriver à convaincre le marché des biens fondés de l’investissement. Mais nous avons confiance, nous avons des résultats extrêmement encourageant.

 

 

  • On a vraiment l’impression que créer sa start-up aujourd’hui est plus simple qu’à l’époque de nos parents. Qu’en pensez-vous ? Qu’est ce qui a changé ?

Nous appelons ce phénomène l’afro-optimisme qui empiriquement je dirais, connait son essor grâce aux technologies de l’information. L’Afrique va de moins en moins bien! C’est ce que l’on nous a fait comprendre ces dernières décennies mais l’afro-optimisme naît de la volonté des africains d’exprimer le génie caché qui est en eux. L’épopée des « success stories » nourrit les rêves des plus courageux et encourage la flamme de entrepreneuriat. Nos parents n’ont pas eu cette chance.

 

  • Selon vous, quels sont les prérequis pour être entrepreneur dans le contexte socio-économique camerounais ?

Le Cameroun est le 4ème pays le plus « entrepreneurial » au monde. Avec 13,7% de travailleurs indépendants sur sa population adulte, nous sommes donc tout nouveau dans cet écosystème entrepreneurial. Bon nombre d’entrepreneurs se sont lancés juste avec le savoir-faire pratique avec pour objectif d’avoir juste une source de revenu, d’autres avaient une vision plus Corporate. Donc à mon humble avis il n’y a pas de prérequis pour devenir entrepreneur. Néanmoins pour avoir du succès, au-delà de tous les aspects pratiques liés à la production ou au marketing, je donnerai deux choses.

  • Se tenir informé. Très informé sur son secteur, sur l’économie en général, avoir le maximum de retour d’informations et d’expérience de la part des autres. C’est primordial
  • Avoir un esprit de partage et de flexibilité. Ne pas rester cloitré et stoïque sur ce que l’on croit savoir, sur ce que l’on croit avoir. Etre à l’écoute des autres, de son marché, de ses clients.
  • Etre prêt pour un combat perpétuel. Etre prêt à ce que les choses n’aillent pas bien à ce que le navire flanche mais toujours tenir la barre.

 

  • Une anecdote marquante de votre parcours d’entrepreneur …

Mon Co-fondateur et moi sommes étudiants en Master de finance en France et entrepreneurs en même temps.  Je vous assure qu’il nous ait compliqué de concilier les deux aspects surtout vis-à-vis des parents. Je suis rentré effectuer un stage dans ma propre entreprise malgré une opposition farouche de certains membres de ma famille. Une seule chose me motivait. Si je ne travaille pas à la réalisation de mon rêve personne ne le fera à ma place.

 

  • Où est-ce que vous vous voyez dans 5 ans ?

Je ne vous cache pas que nous avons d’énormes projets concernant les technologies financières. Mais je ne vous en donne juste l’incipit : Imaginez une Afrique où tout le monde aura son propre conseiller financier qui le conseille et l’aide et lui dit où investir sera aussi simple qu’aller acheter du pain.

Mais pour revenir dans le concret nous espérons pouvoir combler le besoin en financement des entreprises à hauteur de 3.5 milliards de Fcfa d’ici 5 ans. Ce sera notre contribution au souffle de l’afro-optimisme

 

  • Si on devait mettre en lumière une autre start-up ou initiative camerounaise actuellement, selon vous ce serait laquelle ? Pourquoi ?

Comment dire ? Il y en a tellement… Mais je ferai mal mon boulot si je ne vous parlais pas de Solarlife. Cette Startup se propose de résoudre une problématique sanitaire et écologique majeure tout en créant une plus-value certaine en terme de besoin ou encore d’emplois. Actuellement en levée de fonds sur la plateforme www.guanxi-invest.com  elle est à mon humble avis la meilleure startup qui aborde la solution de l’énergie solaire au Cameroun.

 

  • Quel est le top 3 des applications mobiles ou de bureau que vous utilisez actuellement ?

My Express Ticket (très pratique pour réserver des billets de bus Interurbains), Dikalo (La messagerie 100% Camerounaise), Facebook (La base !)

 

  • Si vous étiez un plat camerounais, ce serait lequel ?

Le Koki. C’est un plat que j’aime beaucoup. C’est comme si vous mangiez un gros morceau d’or. Il est à la couleur de notre logo chez Guanxi Invest.

 

  • Un mot pour la fin … un message à l’endroit de la jeunesse camerounaise !

Je suis moi-même un jeune camerounais et parmi toutes les opportunités professionnelles qui s’offraient à moi j’ai choisi de commencer par celle-là pour tenter de résoudre un problème inhérent à la jeunesse camerounaise. On a beau se plaindre que le pays tue les jeunes mais le financement participatif est une chance, une véritable issue de secours pour la jeunesse.

10.000Fcfa représente ce que la plupart des jeunes dépensent aisément un samedi soir entre minuit et 3h du matin (Lorsqu’on a un peu). C’est aussi le prix d’un sac bon marché, ou d’une paire de basket de mauvaise qualité. Tout comme le prix de plusieurs bières. Avant Guanxi Invest les possibilités de créer de la richesse avec juste 10.000Fcfa étaient très limitées. On pouvait juste consommer et au mieux économiser.

Maintenant 10.000Fcfa est devenu le prix d’une action dans une entreprise rigoureusement sélectionnée et étudiée pour sa capacité à être rentable. C’est la somme qu’il faut débourser pour être légalement actionnaire à vie d’une entreprise et augmenter son revenu. Les grands de ce monde ne jurent que par les actions qu’ils ont dans leurs poches. Nous avons choisi de lancer Guanxi Invest pour pouvoir donner des opportunités à des compatriotes jeunes comme nous. Et les opportunités sont là. Elles vous attendent sur www.guanxi-invest.com

 

 

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