Chronique de Mboko Made, le premier album de Kill B Psycatra et Tha Simh, du label Myster Group

Chronique de Mboko Made, le premier album de Kill B Psycatra et Tha Simh, du label Myster Group

Publié le 2 avril 2018
Par Mota__Savio

Il a fallu du temps. Kill B Psycatra et Tha Simh ont enfin dévoilé « Mboko Made », leur tout premier album. Entre rêves de gosses teintés d’insouciance, et envie ardente de réussir, le duo du label Myster Group jongle sur des sonorités fortes de 2014 –  belle période de la musique urbaine camerounaise – et des productions tant bien que mal exploitées.

L’intitulé « Mboko Made » est une référence au dehors, au kwat, au quartier mieux aux artistes façonnés par la rue. Oui cette rue dont plusieurs artistes se revendiquent comme des ambassadeurs, représentants ou porte-parole. Sauf qu’ici, le duo du label Myster Group composé de Kill B Psycatra et Tha Simh, chante avec insouciance les journées au kwat en évoquant le faux respect que les grands frères donnent aux plus jeunes.  Cut Me Café , le premier morceau en est la parfaite illustration. « Tu m’appelles Président parce que je t’ai donné une bière ? Celui qui est à Etoudi c’est qui ? C’est pas Monsieur le maire ». 

On reconnait tous ce « respect ». Car au Cameroun, le fait d’entreprendre te fait d’ores et déjà passé pour un boss. Le contexte n’est pas favorable. Le pays est dur. Dans Eyorobade, il est question d’espoir mais avant tout de travail. Oui du travail acharné pour réussir. Car la mater attend des résultats.  Il est temps de la mettre à l’aise. « Donne-toi les moyens de win. Falla Falla ton gombo ». Un gombo que les gars cherchent ici dehors avec la torche. Tout comme dans Je Falla Les Do, le duo se pose, réfléchit et développe des thèmes proches de nous.Du bien être de la famille, en passant par leurs rêves de gosse marqués par des difficultés, le duo ne se pose pas tant de questions que ça au final. La seule interrogation pourrait être, comment faire pour percer, pour win, pour briss ? Ils ont déjà les solutions pour sortir du ngueme mais pourquoi ils nous dérangent alors ?

 

 

Tenez par exemple, dans « Money In My Bag », ils clament haut et fort qu’ils ont les do dans le sac. I say hein ? Vous nous tentez seulement ? A l’écoute, on croirait entendre C Pryme – merci de retrouver ce jeune artiste qui a disparu de la scène – faisait en 2014. Beat qui court, artiste qui pose des lyrics sortis du kwat avec lenteur et étonnement « L’argent ne parle pas …mais ma part applaudit ». Plus loin, le scénario est le même dans Alamimbou, un morceau taillé pour marcher s’il est vendu comme il faut. Oui j’avoue c’est sans doute l’un des plus bons de ce projet. Thématique purement camerounaise : On accuse les gars de voir souvent alamimbou c-a-d les marabouts,les charlatans bref le wish. Or Tha Simh et Kill B Psycatra ont trempé mais plutôt leurs vêtements dans l’eau au point de chercher 100 frs depuis hier pour buy le savon. Vous riez hein ? Sérieusement c’est tellement dur au Cameroun qu’on se retrouve à chasser les filles comme l’argent.

Bi Bo, la thématique du morceau qui clôture le projet est aussi vieille que notre patrie. Sur une prod afrotrap – Oui le fameux afrotrap – afropop du Cameroun – les gars mettent la femme au centre d’une chanson. Le gars a work, il a mis la go à l’aise mais elle ne veut pas libérer. Amusant mais répétitif. Le sujet a déjà été traité plusieurs fois et de la plus belle des manières. Ce qui fait tache sur ce petit projet de deux jeunes issus de la Generation 763. Du code postal de la Cathédrale Notre Dame du Rosaire de Mbalmayo, ce titre fait référence au courage et à la détermination d’une bande de jeunes sortis d’un coin dit-on perdu sur la carte du Cameroun. Kill B Psycatra marque son attachement à Mbalmayo, une ville qui l’a vu naître en 1992 à l’hôpital Saint Luc.

En fin de compte, Mboko Made, est un projet équilibré. Ceci se traduit non seulement par des thématiques d’enfants issus de quartiers difficiles, teintées des rêves de grandeurs et une insouciance qui frisent la naïveté. Les prods sont fortes mais les jeunes ne les exploitent pas à fond. Eyorobade et Je Falla Les Do sont presque similaires. Néanmoins le positionnement des titres a le mérite d’être bon. Par ailleurs, l’année 2014 semble avoir grandement marqué ce projet. Les références à Mani Bella Pala Pala ne sont pas anodines. Le style d’un morceau comme Money In My Bag, rappelle ce qui se faisait de bon dans le style kwata – style – hype (Oui j’ai imaginé le way comme ça) il y a quatre ans. Mboko Made est donc la somme d’un style passé – pas si loin que ça – mais avec une ouverture sur le kwat qui apparaît finalement comme l’ADN de Kill B Psycatra et Tha Simh. En témoigne la cover réalisée par Alaka Oloko.




Téléchargez gratuitement Mboko Made ICI 

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Vidéo : En voulant voler un chef de village, une jeune fille se fait attraper par les gris-gris

Publié le 19 mars 2019
Par Charly ngon

On ne vole pas l’argent d’un chef de village n’importe comment.

Les chefs de village sont les garants de la tradition, par conséquent, ils bénéficient d’un savoir ancestral sur des pratiques mystico-rituelles capables de neutraliser tout individu qui essayerait de porter atteinte à leur intégrité.

Dans cette vidéo de Les Baos, voilà une petite sœur qui est habituée à droguer les gens avant de les dépouiller de leur bien, qui fait la connaissance d’un chef de village. La go était sûre que le mougou était tombé dans le sac, en voulant fuir hein, la fille d’autrui a confirmé que le village c’est le village.

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Vidéo : Askia sort enfin le clip revendicateur de « Let’s Talk »

Publié le
Par Au Letch

Capture d’Ecran Youtube / Let’s Talk, Askia

Il y a des clips qu’on aimerait regarder encore et encore. Pour cause, la thématique développée est poignante et actuelle. Le nouveau clip de Askia en fait partie. Dans la lignée des clips qui appellent au cessez le feu dans les régions du Nord Ouest et au Sud Ouest du Cameroun, « Let’s Talk » peint le tableau noir de ce qui s’y passe. On constate que l’horreur, la peur et l’effroi rythment le quotidien des populations de ces zones dites anglophones.

Today, le bavardage ne sera jamais assez fort pour exprimer ce qui se passe au Cameroun. Askia l’a compris et elle se fond en musique pour exprimer son ras-le-bol. « Why the killing, why the blood. We just really wish that we could have a talk. You killing your brother, you killing your sister. We just really wish that we could have a talk…All we want is talk ».

Au Letch, on look aussi !

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