CAUCHEMAR EN CUISINE : PARTIE 2 - LE COUSCOUS DE MANIOC - Auletch

CAUCHEMAR EN CUISINE : PARTIE 2 – LE COUSCOUS DE MANIOC

Publié le 8 décembre 2013
Par Cega


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Partie 2 : Le Couscous de Manioc – Oups !

Dites les filles, bon les garçons aussi, quel est le repas qui vous tend les nerfs quand on vous demande de cook ça ? Moi, c’est le couscous de manioc (fufu). Le truc qui te fatigue d’avance rien que d’entendre son nom !

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Ma première fois fût mémorable ! Un matin, on m’annonce que le repas du jour c’est le couscous de manioc – sauce gombo. Bon la sauce n’est pas trop compliquée à part l’épisode du gombo sur la pierre à écraser ; c’est le couscous de manioc qui me traumatisait. Et pour cause, je ne savais pas comment faire… Tout ce dont je me rappelais, c’était des images pas très réconfortantes d’un pilon à manier dans une marmite à une certaine vitesse pour éviter qu’il y ait les militaires dans le couscous. Mais bon, quand il faut y aller, il faut y aller !

  • Eau à bouillir dans la marmite – check !
  • Farine de manioc écrasée et tamisée – check !
  • Pilon du couscous de manioc (ah oui, il y a un autre pilon pour le couscous de maïs et le koki, je n’ai pas encore compris pourquoi. Fin bref, passons) – check !
  • Feuilles de bananiers pour emballer le couscous prêtes (lavées et passées au feu pour les ramollir) – check !

L’eau bout déjà ; c’est là que le cauchemar commence !

Donc si je me rappelle bien, je réserve plus de la moitié de l’eau bouillante dans une cuvette juste à côté, je verse la farine de manioc dans la marmite et je mélange au pilon. Je dépose la marmite par terre pour bien mélanger. Je remets la marmite au feu, je rajoute de l’eau. Puis re-marmite au sol, puis au feu…et ça continue comme ça jusqu’à ce que ce soit ok. Ok pour qui ? Comment ? Vas savoir !

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J’ai bien mélangé, mais il y avait encore les militaires… donc, j’ai rajouté de l’eau. Sauf que la texture du manioc est un peu particulière. Rajouter de l’eau ok, mais sans reprendre le pilon, ça ne sert à RIEN !! C’est là que la température a commencé à monter…

Le pire dans tout cela, c’est qu’il fallait trouver la « texture idéale » du couscous, pas trop dure, mais pas trop molle non plus. Me voilà donc qui, trouvant que mon couscous était trop mou, décide de rajouter de la farine de manioc… Et pour rajouter la farine de manioc, il faut bien sûr la tamiser (bah oui, j’ai versé toute la préparation précédente dans la marmite la première fois. Encore heureuse qu’il y avait un reste de farine non tamisée hein !!!).

Et quoi de plus normal que de tamiser la farine au-dessus de la marmite ?

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J’ai fini la cuisine blanche de la tête aux pieds ce jour-là ! Aux pieds par ce que je tamisais la farine au-dessus de la marmite, et que la marmite ce n’est pas le plateau hein ; à la tête par ce que j’essuyais la sueur qui coulait ! Et Miracle (croyez-moi ou non) !! Il n’y avait pas de militaires. YESSSS !!!

Mais le top dans l’histoire est arrivé beaucoup plus tard, après des années !!! Vous avez lu qu’il fallait remettre le couscous plusieurs fois au feu non ? Ce détail m’a toujours intrigué. Quoi ? Une fois que c’est mélangé à l’eau, et qu’il n’y a pas les militaires dedans, c’est bon non ? Pourquoi remettre ça au feu ? Qu’est-ce que ça ajoute de plus ? D’autant plus qu’il faut rajouter de l’eau qui va ramollir le couscous ? Fin bref, je ne comprenais pas !

Donc un soir à la cuisine avec maman qui se moquait de mon couscous avec les militaires, elle a repris le pilon pour le corriger et comme d’habitude, elle a remis la marmite au feu…

Moi : « Euh…Maman, pourquoi chaque fois tu remets la marmite au feu ?  »

Maman : « C’est pour que le manioc cuise  »

Moi : « Euh…ok  »

Maman : « Pourquoi tu demandes ça ?  »

Moi : « Juste pour savoir par ce que depuis je ne comprends pas  »

En fait, je pensais aux nombreuses fois où j’avais raccourci la durée de cuisson lors de la remise de la marmite au feu quand je n’avais tout simplement pas zappé cette étape par ce que ça ne servait à rien. Chance que ce n’était pas le macabo* hein ! Ou même le taro* !! Quoi ? Qui m’avait dit ?

Bon, on se retrouve à la partie 3, trop parler m’a donné faim. je go tchop un nerveux « nkoum-nkoum na’àh ndjùh » (fufu + sauce pistache) fait par mes soins.

PS : J’ai fini par découvrir la technique pour ne pas rater son couscous de manioc. On mélange la farine de manioc à de l’eau froide dans la marmite. Le mélange doit être homogène, surtout pas liquide. Ensuite, mettre la marmite au feu et continuer à mélanger. Le couscous prendra tout seul. Normalement, il n’est pas nécessaire de rajouter de l’eau, mais c’est chacun qui sent dans sa bouche hein !

 


 Militaires : boule de farine crue dans le couscous

* Quand le macabo ou le taro n’est pas bien cuit, on ressent des démangeaisons. D’ailleurs quand on épluche le macabo ou le taro, on a les mains qui démangent après.

 

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