Albinos : Ces personnes sensibles à la lumière

Albinos : Ces personnes sensibles à la lumière

Publié le 11 mars 2019
Par Au Letch


Souvent raillées, traitées de quequeroux, de faux blancs ou encore considérées comme des êtres maléfiques, les personnes atteintes d’albinisme en Afrique sont très souvent sujettes à la stigmatisation et à la marginalisation. Dans certains pays du continent, elles sont associées à des pratiques superstitieuses et sont pourchassées, vendues, mutilées et assassinées pour servir « d’ingrédient » à certains cultes exotériques. Au Cameroun fort heureusement, l’albinisme est de mieux en mieux vécu et les personnes albinos s’intègrent parfaitement dans la société. Cependant, pour beaucoup de parents encore, donner naissance à un enfant albinos est une source de crainte permanente.

 

L’albinisme en question

L’albinisme oculo-cutané est une anomalie génétique et héréditaire qui affecte la pigmentation et se caractérise par un déficit de production de la mélanine causée par une mutation génétique. Ainsi, les personnes atteintes d’albinisme se caractérisent par une dépigmentation de la peau, des cheveux et des yeux. Cette anomalie entraîne donc chez elles une affection ophtalmologique et dermatologique qui réduit grandement leur capacité à se protéger contre le rayonnement ultraviolet, au risque de développer des lésions cutanées ou même un cancer de la peau.

Fort heureusement, des traitements ophtalmologiques et dermatologiques existent, afin de permettre aux personnes albinos d’être soulagées de leurs troubles visuels et de leurs problèmes pileux et cutanés.

 

Etre parent d’enfants atteints d’albinisme au Cameroun

L’albinisme est une anomalie causée par des gènes présents à la fois chez le géniteur et chez la génitrice. Pour cette raison, les parents d’enfants albinos sentent parfois coupables et responsables. Ils sont inquiets quant à l’avenir de leurs enfants, en pensant notamment aux humiliations et aux problèmes d’ordre sanitaire qu’ils seront potentiellement emmenés à subir. En proie à ces craintes, certains parents « démissionnent » et d’autres au contraire couvrent leurs enfants d’un amour profond.

Nous sommes allés à la rencontre d’une jeune mère d’enfant atteint d’albinisme.

 Marlène est maman d’une fille albinos âgée de 2 ans aujourd’hui. Elle nous a parlé : des sentiments d’angoisse qui l’ont envahi le jour où elle a pris sa fille dans ses bras pour la première fois, du processus d’acceptation de son enfant et du grand amour qu’elle ressent pour elle aujourd’hui.

Mon DIEU ça c’est quoi ça !!! Drôle de manière d’accueillir son enfant n’est-ce pas ? Et pourtant !

Marlène est une jeune femme camerounaise originaire de la Haute-Sanaga. Alors âgée de  23 ans, elle sort avec un bon gars de l’université dans laquelle elle suit ses études en cycle licence. Plusieurs mois après le début de cette idylle amoureuse, elle djombé un « violent »bèlé et décide malgré ses doute sde conduire cette première grossesse jusqu’à son terme. Heureusement pour elle, le bon dribbleur assume sa paternité.  Après toutes les péripéties liées à l’évolution de la grossesse et aux réactions  familiales pas toujours joyeuses, vient enfin le laborieux moment de l’accouchement. Et très vite, Marlène va déchanter !

Suite à la traditionnelle remise du muna à sa mater, elle découvre ce qui lui semble être à l’époque une horreur : Marlène vient de donner naissance à une fille albinos. « Oh mon Dieu ! Ça c’est quoi ça ? » Ne peut-elle pas s’empêcher de murmurer tout au fond d’elle-même.

« J’ai pensé aux moqueries que les albinos subissent dans notre pays et j’ai été saisie d’une profonde peur, j’avais de la peine pour ma fille. », déclare-t-elle.

En dépit de ses angoisses, la jeune mère décide de conjuguer avec sa nouvelle réalité et entreprend le processus d’acceptation de celle qu’elle appelle aujourd’hui son amour.

Bien que les discriminations et les railleries à l’égard de ces personnes sensibles à la lumière persistent, parfois même au sein de leurs propres familles, Marlène et son compagnon ont en effet totalement adopté leur enfant qu’ils considèrent d’ailleurs comme la prunelle de leurs yeux. Danièle est une enfant comblée, épanouie et en bonne santé qui grandie au sein d’un foyer rempli d’amour.

 

Article proposé par Georges Kassi

 

 

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