Entretien avec Achiri Arnold « Dans les 5 prochaines années, je veux voir Traveler révolutionner complètement le transport terrestre en Afrique »

Entretien avec Achiri Arnold « Dans les 5 prochaines années, je veux voir Traveler révolutionner complètement le transport terrestre en Afrique »

Publié le 19 juin 2017
Par Dickson

On a rencontré Achiri Arnold, le co-fondateur du projet Traveler, l’application camerounaise qui veille à la sécurité au volant…

Achiri Arnold, co-fondateur de Traveler, l'’application camerounaise qui veille à la sécurité au volant. ©. Facebook

Achiri Arnold, co-fondateur de Traveler, l’’application camerounaise qui veille à la sécurité au volant. ©. Facebook

Bonjour Monsieur Achiri Arnold, vous êtes connu pour être à l’initiative du projet Traveler ! Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vous ? D’où venez-vous ? Quel a été votre parcours ?

Je suis originaire de Bamenda. J’ai étudié la science au Lycée Bilingue de Bamenda. Après des études en ingénierie électrique à Polytechnique Yaoundé, j’ai commencé à travailler sur mon projet. Au fil du temps, j’ai ajouté d’autres personnes qui ont travaillé avec moi, mais la première tentative a été détruite en raison du manque de motivation et du projet mort. J’ai reconstitué une nouvelle équipe, ce qui a permis aux nouveaux membres d’avoir le statut de cofondateurs, et depuis, c’est un voyage extraordinaire qui nous a valu des récompenses et des reconnaissances internationales.

Quand avez-vous décidé de vous lancer dans cette aventure ? Quel a été le déclic ?

Plus de 20 000 personnes sont mortes sur les routes du Cameroun entre 2010 et 2015. Les accidents de la route entraînent 40% de morts supplémentaires que le paludisme. Un camerounais est 10 fois plus susceptible d’être tué lors du voyage que d’être tué par le groupe terroriste Boko Haram. La tragédie d’Eseka en octobre 2016 qui a tué 79 et plus de 600 blessés est un triste rappel de cette réalité.

Parlez-nous de Traveler !

Traveler est une application de téléphone portable qui surveille la performance, la vitesse, l’emplacement et le nombre de passagers dans un bus. Avec l’aide de «Big Data» et d’apprentissage par machine, l’application avertit les conducteurs et les autorités des dangers potentiels. Le système envoie automatiquement des alertes d’excès de vitesse chaque fois qu’un bus donné dépasse les limites réglementaires de vitesse. Avec un service Cloud intégré et un système de surveillance «back-end», nous pouvons fournir des analyses prédictives et des recommandations aux responsables de la sécurité routière dans le but de les mettre à jour sur la performance des conducteurs et la situation du trafic afin de prévenir et réduire les accidents de la route. Dans le cas malheureux d’un accident, l’application le détecte automatiquement et notifie les services d’urgence, les hôpitaux et les familles de tous les utilisateurs au sujet de l’emplacement. L’application utilise les mêmes principes pour déclencher la procédure d’urgence, comme les systèmes de coussins gonflables dans les voitures

Quelles sont les défis que vous avez ou que vous rencontrez dans votre parcours ?

Peu de soutien du gouvernement dans la mise en œuvre du projet, en particulier une partie critique, comme l’intégration des hôpitaux sur notre plate-forme d’urgence et l’absence des finances.

On a vraiment l’impression que créer sa start-up aujourd’hui est plus simple qu’à l’époque de nos parents. Qu’en pensez-vous ? Qu’est ce qui a changé ?

La réalité est que de plus en plus de gens deviennent ambitieux et osent se diriger vers le territoire inconnu. L’incapacité du gouvernement à véritablement répondre aux besoins de la population a grandement aidé à modifier l’esprit des jeunes. Désormais, ils vivent dans un marché du travail très compétitif et veulent prendre leur avenir dans leurs mains. Alors que la concurrence sur le marché du travail a laissé de nombreux jeunes personnes sans alternative, certains camerounais sont devenus des entrepreneurs avec pour ambition de résoudre des problèmes du Cameroun. Mais il y a aussi une question critique que tout entrepreneur rencontre: comment le rendre durable?

Selon vous, quelles sont les pré requis pour être entrepreneur dans le contexte socio-économique camerounais ?

Il n y a pas une règle d’or qui doit être suivie pour devenir un entrepreneur. L’entrepreneuriat ne dépend que de deux choses: la passion de résoudre un problème et les ressources disponibles.

Une anecdote marquante de votre parcours d’entrepreneur …

Ne jamais faire de règles à respecter dans le développement de votre jeune entreprise. Beaucoup dépend des circonstances, qui sont à peine sous notre contrôle.

Où est-ce que vous vous voyez dans 5 ans ?

Dans les 5 prochaines années, je veux voir Traveler révolutionner complètement le transport terrestre en Afrique.

Si on devait mettre en lumière une autre start-up camerounaise actuellement, selon vous ce serait laquelle ? Pourquoi ?

Safe Our Agriculture parce que j’aime ce qu’ils font

Quelles est le top 3 des applications mobiles ou de bureau que vous utilisez actuellement ?

Traveler, Whatsapp, Facebook

Si vous étiez un plat camerounais, ce serait lequel ?

Le Ndolè et les Frites de Plantain.

Un mot pour la fin … un message à l’endroit de la jeunesse camerounaise !

N’abandonnez jamais. Tout le monde ne peut être un bon entrepreneur, mais un entrepreneur peut venir de n’importe où.

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Vidéo : En voulant voler un chef de village, une jeune fille se fait attraper par les gris-gris

Publié le 19 mars 2019
Par Charly ngon

On ne vole pas l’argent d’un chef de village n’importe comment.

Les chefs de village sont les garants de la tradition, par conséquent, ils bénéficient d’un savoir ancestral sur des pratiques mystico-rituelles capables de neutraliser tout individu qui essayerait de porter atteinte à leur intégrité.

Dans cette vidéo de Les Baos, voilà une petite sœur qui est habituée à droguer les gens avant de les dépouiller de leur bien, qui fait la connaissance d’un chef de village. La go était sûre que le mougou était tombé dans le sac, en voulant fuir hein, la fille d’autrui a confirmé que le village c’est le village.

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Vidéo : Askia sort enfin le clip revendicateur de « Let’s Talk »

Publié le
Par Au Letch

Capture d’Ecran Youtube / Let’s Talk, Askia

Il y a des clips qu’on aimerait regarder encore et encore. Pour cause, la thématique développée est poignante et actuelle. Le nouveau clip de Askia en fait partie. Dans la lignée des clips qui appellent au cessez le feu dans les régions du Nord Ouest et au Sud Ouest du Cameroun, « Let’s Talk » peint le tableau noir de ce qui s’y passe. On constate que l’horreur, la peur et l’effroi rythment le quotidien des populations de ces zones dites anglophones.

Today, le bavardage ne sera jamais assez fort pour exprimer ce qui se passe au Cameroun. Askia l’a compris et elle se fond en musique pour exprimer son ras-le-bol. « Why the killing, why the blood. We just really wish that we could have a talk. You killing your brother, you killing your sister. We just really wish that we could have a talk…All we want is talk ».

Au Letch, on look aussi !

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