A Douala, Henri Kollo refait le Cameroun durant une exposition dénommée "Photo d'Afrique"

A Douala, Henri Kollo refait le Cameroun durant une exposition dénommée « Photo d’Afrique »

Publié le 27 avril 2018
Par Charly ngon

Reporter-photographe depuis quarante ans, Henri Kollo a fait le pari de raconter à sa manière l’histoire du Cameroun. Une histoire qu’il a immortalisée parfois au péril de sa vie grâce à son appareil photo. Aujourd’hui, ses clichés ornent la salle des banquets de la région du littoral où il a lancé son exposition.

Henri Kollo. © Dibussi Tande

Habituée à accueillir les grandes cérémonies officielles, la salle des banquets qui se trouve au rez-de-chaussée de l’immeuble qui abrite les services du gouverneur de la région du littoral, a déroulé son tapis rouge à un témoin vivant de l’histoire Cameroun. Henri Kollo, la soixantaine sonnée est une bibliothèque vivante, passionnée de photographie. L’homme a décidé d’interpeller le passé en partageant une partie de ses mémoires. Lesquelles sont remplies d’images saisissantes et uniques captées par son objectif lors des moments importants qui ont marqué l’histoire du Cameroun. De la culture au sport en passant par la politique, il a été au première loge de tous ces grands évènements mémorables que la plupart n’ont jamais connu.

Plus qu’une exposition, c’est une rétrospective sur le parcours d’Henri Kollo en tant que photographe-reporter. Assis derrière un bureau, le sourire accroché au visage, il scrute les faits et gestes dans l’attente des visiteurs. En maître des lieux, il nous a servi de guide au milieu de nombreuses photos qu’il a pris le soin d’exposer sur les parois du mur de la salle des banquets. Quand nous l’avons rencontré, nous avons été émerveillés par la sympathie et l’humilité dont il a fait preuve à notre égard. C’est sans hésitation qu’il a commencé à nous raconter ses débuts, il s’en souvient encore comme ci c’était hier et c’est avec beaucoup de nostalgie.

« Les  photographes au Cameroun n’étaient que constitués en majorité des nigérians, parce qu’ils maîtrisaient la technique du noir sur le blanc. Alors j’ai dû me former chez l’un d’eux durant deux ans, pour maîtriser à mon tour cette technique de travail. A la fin de ma formation je me suis lancé à mon propre compte. Après le studio, j’ai été photographe-reporter indépendant de presse pour les grands journaux de l’époque tels que La Gazette, le Combattant, le Messager, Jeune Afrique Economique… »

Son amour pour son métier et son professionnalisme lui ont ouvert les portes des plus hauts lieux de la république, il a même reçu une accréditation au niveau du palais présidentiel. Ce qui lui a permis d’immortaliser les grands moments de la  vie politique camerounaise. Les rencontres du président Ahidjo avec d’autres chefs d’Etats comme Sékou Touré, le discours du président Paul Biya lors de sa prestation de serment, la période des villes morte à Douala, le Congrès de Bamenda et même la période du 6 avril 1984. Sur le plan de la culture il a immortalisé des artistes comme Ben Decca, Ekambi Brillant et la sulfureuse chanteuse Zaïroise Tsala Muana. Ses flashs ont gardé en mémoire, les heures glorieuses du football camerounais, en championnat tout comme à l’équipe nationale. De nombreuses d’autres photos que le public aura le plaisir de découvrir.

L’exposition « Photo d’Afrique » comme l’a surnommé Henri Kollo, qui est aussi  le nom par lequel on reconnait ses œuvres à travers le monde, est une initiative dont le but est de valoriser l’artiste photographe. Après presqu’un demi siècle dans la profession, il a vu défiler plusieurs générations de photographes comme lui, mais qui ont arrêté l’activité. Un gâchis selon lui qu’il veut rattraper en suscitant auprès des plus jeunes la vocation de photographe-reporter. L’exposition vise donc à donner plus de visibilité à la profession de photographe-reporter et montrer son impact dans la restitution des faits ayant marqué  l’histoire d’un peuple.

Henri Kollo est aujourd’hui classé dans le panthéon d’honneur de la nation camerounaise, au regard de son engagement et de son professionnalisme. Pour le Cameroun et plus particulièrement la localité de Ndobian dans le Nord Makombe qui l’ont vu naître un 15 novembre 1958, c’est une fierté. Installé dans le quartier Akwa depuis 1978 où se trouvent les locaux de son studio « Photo d’Afrique », il continue d’écrire son histoire et celle de la photographie au Cameroun.  Reconnaissante de son travail, la nation a fait de lui un  commandeur du mérite Cameroun, puis Officier du mérite camerounais et enfin Chevalier du mérite camerounais.

 

 

 

ARTICLES SIMILAIRES