Une journée de work 2.0 au Cameroun : temoignage - Auletch

Une journée de work 2.0 au Cameroun : temoignage

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Que celui qui n’a jamais remis le travail d’aujourd’hui à demain et au surlendemain lève son doigt ! Entre nous, est-ce possible de commencer le boulot quand on n’est pas prêt ? En d’autres termes, peut-on commencer sa journée au bureau  tant qu’on n’a pas mangé au BHB, regardé ses notifications sur Facebook, savouré  le Kongossa sur Twitter, admiré les selfies des inconnues sur Instagram ? Bref, ça vous arrive souvent ?

Sincèrement, je voulais travailler. J’avais décidé après de multiples échanges avec ma conscience qui ne cessait de me répéter « Ne fais jamais aujourd’hui ce que tu peux faire demain » de prendre ma vie en main. Mieux, justifier enfin mon salaire. Au début, j’avais décidé de me mettre au travail.  Mais, (Oui Mais) peut-on commencer sa journée au bureau  tant qu’on n’a pas mangé les BHB chez Ma’a Ndomè à la descente de Deido-Plage ? Non ! Il est 8 heures quand je fais escale. Je commande, je discute puis je déguste ma commande de 500FCFA. Rassasié 45minutes plus tard, et à cause d’un appel Whatsapp, je prends finalement la route pour le boulot.

Moi : TAXI, 300 Bonanjo

Lui : Monte vite ! Il y a la police qui contrôle les papiers.

A ma montre, il est 9 h 57. Les embouteillages font la loi au Rond Point. Conséquence,  les esprits s’échauffent. « Ta mère pond » lance un taximen à un bendskineur qui rétorque  « Mouf ! Vas rembourser le crédit que tu as pris à la banque ». Pendant ce temps, des volontaires réorganisent la circulation et miraculeusement, 30 minutes plus tard, j’arrive finalement au boulot…au rez de chaussée.

A mon arrivée, je suis déterminé à travailler. Mais, je décide d’abord de faire un petit tour sur Facebook. (Un tout petit…). Je tombe sur une pile de notifications. Il parait que « Fotso Kamdem et 24 autres personnes ont commenté un lien dans lequel je suis identifié ». Je clique et je commence à lire les commentaires sur les aventures d’Abena en Mbeng. On dit qu’il représente (Oui c’est osé de dire qu’il représente mais…) le Cameroun dans une émission TV  mais qu’il n’est même pas beau comme les filles le disent. D’autres encore disent qu’on a vendu les Savonneries Abena pour qu’il aille participer au jeu !

Troublé par ses révélations, je migre sur @Kongossa237, un compte d’informations sur Twitter. Au menu, l’hymne de la CAN féminine 2016.  Du coup, je repousse pour quelques minutes le début de mon boulot mais l’heure ne m’alarme pas. Il est 13h 45. Le bureau commence à chauffer. Je mets la clim question d’être à mon aise. Sur Twitter, c’est le feu. « Pourquoi l’hymne de la CAN est comme le documentaire comme ca ? » tweete @LaReineSansRoyaume ;   « Yeeeeeeeeeh l’argent du contribuable camerounais est encore parti dans l’eau ! » lance @CamerounSans237. C’est la guerre des avis. Les Retweets et les favoris fusent. Ma tablette est réactive. Par contre, ma conscience l’est de moins en moins. « Ne fais jamais le lendemain ce que tu peux remettre au surlendemain ». Je m’accroche à l’idée qu’il y a encore du temps. D’ailleurs, après mon papotage sur Twitter, je me rends compte qu’il n’est que 16h30.

Assis devant mon ordinateur, qui n’est toujours pas en marche, je vérifie ma connexion internet de ma tablette. Résultat : Encore 1Go à utiliser.  Soudain, je me rappelle d’un compte pour filles qui dit-on fait fureur sur Instagram avec ses photos. Je checke et que vois-je ? (Ca se dit en français ?) De belles créatures aux photos filtrées et/ou photosho-pées. Je les parcoure en admirant les unes après les autres, les courbes (Devant et Derrière) de ces femmes mariées ou pas ! Pour moi quoi ? Je rince mes yeux et ma conscience avec. Elle m’encourage aussi. « Il y a toujours le temps… »

Soudain, je regarde ma montre. Elle pointe 17h45. Je décide d’arrêter la connexion mais mon téléphone se met à sonner avec insistance. C’est un numéro inconnu. Je décroche quand même…

Au bout du fil : «  Oui allo type. Ca dit quoi ? C’est Atango

Moi : Yes ah ok. Ca dit quoi ? Tu vis maaaan ?

Atango : Je suis la nor père ? Tu es où ?

Moi : Je suis au boulot mais je back déjà. Je suis fatigué père.

Atango : Fatigué de quoi ? Dis-donc, retrouves moi ici à Akwa, je suis avec Mpacko, Ibrahim, Kamga et 4 chats morts.

Moi : OK ! Je finis ici et je came.

Après cet appel, je me suis arrêté un instant en me disant que« le temps passe maintenant vite hein ! Avant ce n’était pas comme ca. Une journée durait ». Dès que j’ai retrouvé mon chargeur, en quelques minutes, et après un dernier tour sur le web, j’étais dans un taxi en direction de la Salle des Fêtes d’Akwa avec une seule phrase à l’esprit : « Demain c’est un autre jour ».

 

PS : L’image n’est que illustrative

Mollah, moi je suis Africain hein ! Camerounais et fier de l’être. Team: Vert-Rouge-Jaune ô Bosso. Internet ma muse, je n’oublie pas pour autant le ndolè et les missolè de mes ancêtres. Bref, je suis un gars comme vous : Un gars « connecté ». Hein ! Mollah

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© Auletch 2017

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